SEP : l’immunomodulateur ocrelizumab ne semble pas majorer les infections sévères

Aude Lecrubier, Deborah Brauser

Auteurs et déclarations

16 mars 2017

Orlando, Etats-Unis—L’immunomodulateur anti-CD20 ocrélizumab (Ocrevus, Roche), actuellement en cours d’évaluation comme traitement de la sclérose en plaques (SEP), ne serait pas associé à un risque accru d’infections sévères, selon de nouvelles analyses des trois essais de phase 3 OPERA 1, OPERA 2 et ORATORIO financés par le fabricant [1]. C’est une nouvelle importante car la piste des anticorps monoclonaux dans la SEP se heurte aux effets indésirables infectieux, secondaires à l’immunosuppression qu’ils engendrent. Ainsi des cas d’infections opportunistes et de leuco-encéphalopathie multifocale progressive (LEMP) sont survenus avec d’autres types d’anticorps, ce qui a fait restreindre leur utilisation aux cas de SEP les plus sévères.

Ces dernières données sur l’ocrélizumab ont été présentées dans deux posters lors de l’Americas Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis (ACTRIMS 2017) [1].

L’ocrelizumab (Roche) est un anticorps monoclonal qui cible les lymphocytes CD20. Ces derniers seraient impliqués dans la destruction de la myéline et des axones observés dans la sclérose en plaques.

L’étude présentée dans le premier poster a inclus les patients atteints de sclérose en plaques récurrente rémittente (SEP-RR) des essais OPERA 1 et 2 et les patients atteints de sclérose en plaques primaire progressive (SEP-PP) de l’essai ONTARIO. Il en ressort que les patients atteints de SEP-RR qui recevaient l’ocrélizumab avaient plus de rhinopharyngites et d’infections des voies supérieures que ceux qui recevaient des interférons β-1a. En revanche, ils avaient moins d’infections sévères.

De façon similaire, ceux qui étaient atteints de SEP-PP et qui recevaient de l’ocrélizumab avaient plus d’infections mais des taux d’infections sévères comparables à ceux qui recevaient un placebo.

Dans l’étude présentée dans le second poster, les chercheurs ont montré que les patients atteints de SEP-PP qui recevaient de l’ocrélizumab avaient un meilleur moral et moins de fatigue que ceux qui recevaient le placebo.

Rappel des protocoles des essais OPERA et ORATORIO

Les essais OPERA 1 et OPERA 2 ont inclus approximativement 800 patients atteints de SEP-RR qui ont reçu soit 600 mg d’ocrélizumab en intraveineuse tous les 6 mois pour deux ans ou 44 µg d’interféron β-1a (Rebif, EMD Serono) trois fois par semaine.

L’essai ORATORIO a inclus 732 patients atteints de SEP-PP qui ont reçu soit 600 mg d’ocrélizumab en intraveineuse tous les 6 mois pendant au moins deux ans et demi soit un placebo.

NDLR : l’essai contre placebo est possible en l’absence de traitement approuvé dans cette forme de la maladie qui affecte 10 à 15 % des sujets.

La population de patients de l’essai ORATORIO était plus âgée que celle des essais OPERA (âge moyen 44,5 ans vs 37,2 ans, respectivement) et avait des scores de handicap (EDSS) plus élevés (4,7 versus 2,8).

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