Guerre entre anesthésistes-réanimateurs et réanimateurs : les précisions du Pr François Fourrier

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

3 mars 2017

Paris, France – La création du DES de Médecine Intensive Réanimation (MIR) fait du bruit et génère des tensions entre anesthésistes réanimateurs et réanimateurs médicaux dont nous nous sommes fait l’écho (voir article Pourquoi cette guerre entre anesthésistes-réanimateurs et réanimateurs médicaux ? ). Suite à cet article, le Pr François Fourrier, président de la commission nationale de qualification en réanimation a tenu à apporter des précisions – peut-être dans un souci d’apaisement – sur un sujet qui, il le reconnait lui-même, « n’est pas simple ». Nous rapportons ici (avec son accord) les commentaires qu’il a publiés sur notre site.

Sur les dénominations de chacune des spécialités

« Les deux filières de formation à la réanimation qui s'intitulaient jusqu'en 2012 : "Anesthésie-Réanimation chirurgicale" pour l’une et "Réanimation Médicale" pour l’autre ont vu disparaitre les termes "chirurgicale" et "médicale" – supprimés par arrêté ministériel, à la demande de la première filière puis, en miroir, de la seconde » indique le Pr Fourrier.

Postes occupés à moitié par les deux types de spécialistes

Nous écrivions qu’ « en 2016, la moitié des effectifs de réanimation en France est assurée par les anesthésistes-réanimateurs, l’autre moitié par des réanimateurs médicaux avec qualification exclusive ou avec qualification dans une autre spécialité (cardiologie, pneumologie…), ce que le Pr Fourrier confirme : « Le DESC de Réanimation (donc ex "médicale") est un DESC de type 2 qualifiant et donc, comme tous les DESC, il est associé à une spécialité d'origine obtenue par un DES (essentiellement: cardiologie, pneumologie, néphrologie, médecine interne et anesthésie-réanimation). De nombreux médecins réanimateurs titulaires du DESC sont restés inscrits au Conseil de l'ordre dans leur spécialité de DES d'origine et dans la mesure où ce n'est pas obligatoire, n'ont pas demandé leur changement de qualification ordinale. Ils sont cependant détenteurs du diplôme qui permet l'exercice de la réanimation. La loi (décrets de 2002) oblige en effet les établissements à vérifier que les postes sont occupés par des médecins titulaires soit du DESAR (pour les services de réanimation chirurgicale ou polyvalente) soit du DESC (pour les services de réanimation médicale ou polyvalente). C'est la raison pour laquelle dans les services polyvalents (les plus nombreux en France dans les CH) les postes sont occupés à moitié par les deux types de spécialistes ».

 
Le conseil national de l'ordre chiffre le nombre de réanimateurs (ex médicaux) titulaires du DESC (1 et 2) ou de la qualification ordinale à 1452.
 

En revanche, compte-tenu des explications ci-dessus, le conseil national de l'ordre chiffre au 31 décembre 2015 le nombre de réanimateurs (ex médicaux) titulaires du DESC (1 et 2) ou de la qualification ordinale à 1452 et non à 328.

Autre précision : alors que nous indiquions « qu’au sein des établissements hospitalo-universitaires, les réanimateurs sont mieux représentés que les anesthésistes-réanimateurs (AR) : 9 PU PH pour 100 PH contre 0,5 PU PH pour 100 PH ». « Ce rapport PUPH/PH n'est pas pertinent, considère le Pr Fourrier lorsqu’on parle des CHU. La différence est en grande partie due au grand nombre de PH d'AR qui n'exercent pas dans un service de réanimation. C'est d'ailleurs la même proportion que l'on retrouve dans le rapport du nombre d'AR exerçant en réanimation ramené au nombre total d'AR. »

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