Cannabis : multiplication des cas de « syndrome des vomissements cycliques »

Vincent Bargoin, avec R. Scott Rappold

Auteurs et déclarations

3 mars 2017

Plus de cannabis, plus de vomissements

Le problème n’est pas limité au Colorado puisque 8 Etats américains ont légalisé le cannabis récréatif, et 28 Etats, son usage médical. On note d’ailleurs qu’en Arizona, en Oregon et au Canada, des augmentations du nombre de cas de CHS sont également signalés.

On n’a cependant aucune idée de la prévalence du syndrome parmi les 22 millions de fumeurs réguliers de cannabis aux Etats-Unis. Il reste probablement rare, puisque l’étude de Heard ne porte en définitive que sur 36 cas, tandis que le signalement australien de 2004 en concernait 9.

Aucune idée non plus du mécanisme associant cannabis et vomissements – le paradoxe étant que le cannabis est parfois utilisé contre les nausées induites par les chimiothérapies. On suspecte toutefois fortement la « qualité » des produits actuels.

« Les gens fument de l’herbe depuis longtemps, mais la diffusion à grande échelle d’un cannabis très puissant est un phénomène récent », rappelle Eric Lavonas, qui dirige les urgences du Denver Health Medical Center. « Avant la légalisation, le cannabis poussait dans les champs, et il était vendu localement. Maintenant, le cannabis s’achète en dispensaire, et il est beaucoup plus puissant que ce que l’on trouvait il y a 20 ans ».

Pour autant, les américains ne semblent pas paniquer. Les moyens de prise en charge sont restreints. Il faut bien sûr éviter la déshydratation. Une petite efficacité de l’halopéridol a été signalée, de même qu’un effet calmant des douches ou bains chauds. Mais surtout, le CHS disparait avec l’arrêt du cannabis. Somme toute, la modalité thérapeutique est donc assez simple.

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