Cancer du sein : mieux connaitre les douleurs sous anti-aromatases pour mieux les soigner

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

2 mars 2017

Paris, France — « Près d’une patiente sur deux développe des douleurs sous anti-aromatases. Or, étant donné la fréquence et la durée de prescription de ces traitements, cela devient un enjeu important, notamment en termes d’observance », a indiqué le Dr Françoise Laroche (rhumatologue), lors d’une intervention consacrée à la prise en charge des douleurs sous anti-aromatases au congrès annuel de la Société Française du Cancer [1].

Près d’une patiente sur deux développe des douleurs sous anti-aromatases -- Dr Françoise Laroche

Pourtant, la douleur des patientes sous anti-aromatases est encore trop souvent sous-évaluée.

Dr Françoise Laroche

« Dans les revues d’oncologie, il est parfois difficile de bien comprendre de quel type de douleurs souffrent les patientes. Or, on ne peut pas dire : « douleurs sous anti-aromatases » : point ! On ne traite pas une douleur arthrosique comme on traite une douleur diffuse », a précisé la rhumatologue.

Afin de mieux caractériser ces douleurs, le Dr Françoise Laroche et coll. ont mené, il y a quelques années, une étude prospective sur 135 patientes ménopausées ER + atteintes d’un cancer du sein justifiant d’un traitement par anti-aromatases (AA) non encore débuté (âge moyen 62 ans) [2].

Des douleurs associées aux AA chez 57 % des patientes

Les patientes n’ont débuté le traitement qu’après avoir bénéficié d’une évaluation clinique complète par les chercheurs. Les douleurs > 4/10 EVA, les douleurs diffuses, les pathologies articulaires inflammatoires et les métastases étaient des critères d’exclusion. Les participantes ont été suivies pendant un an avec des évaluations à l’entrée dans l’étude puis à 1, 3, 6 et 12 mois.

Sur les 135 patientes, 77 ont développée des douleurs au cours de l’année qui a suivi la mise en route du traitement, soit 57% d’entre elles.

Des douleurs variées

Les rhumatologues ont pu répertorier 5 types de douleurs différentes :

-des douleurs articulaires des membres (36 %) ;

-des douleurs diffuses (22 %) ;

-des douleurs tendineuses (22 %) ;

-des douleurs neuropathiques (9 %) ;

-des douleurs mixtes (1 PR à 8 mois).

Les douleurs articulaires ressemblaient à des poussées d’arthrose touchant surtout les mains et les poignets, les douleurs diffuses à des fibromyalgies et les douleurs neuropathiques touchaient plutôt les membres inférieurs.

On ne traite pas une douleur arthrosique comme on traite une douleur diffuse -- Dr Françoise Laroche

Concernant leur apparition dans le temps, 24% étaient des douleurs précoces et 18,6 % étaient des douleurs tardives. Plus précisément, les douleurs articulaires apparaissaient tôt (3 mois) et les douleurs diffuses arrivaient un peu plus tard. En revanche, l’incidence des douleurs tendineuses et neuropathiques était relativement stable dans le temps.

« Nous avons observé beaucoup de chevauchements et d’associations entre ces douleurs au cours de l’année », a souligné l’intervenante.

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