Tatouage après mastectomie : transformer les cicatrices en œuvres d’art

Aude Lecrubier, Fran Lowry

Auteurs et déclarations

27 février 2017

« Voir chaque jour la trace d’une mutilation est un rappel violent du cancer, qui laisse une empreinte psychique. Ajouter un tatouage permet à ces femmes d’intégrer pleinement leur poitrine reconstruite, impersonnelle, en y imprimant leur signature […] Pour certaines, c’est un moyen de retrouver une féminité mise à mal par les traitements », analyse, pour sa part, Catherine Adler-Tal, oncopsychologue, vice-présidente de l’association Étincelle Île-de-France dans un article du magazine Rose publié en novembre dernier.

Voir chaque jour la trace d’une mutilation est un rappel violent du cancer -- Catherine Adler-Tal

Adapter les motifs et la technique

Avec l’expérience, David Allen a constaté que les dessins de branches, de bourgeons, de feuilles et de fleurs étaient ceux qui transformaient le mieux le sein retiré et qui étaient les plus facilement ré-ajustables en cas de nouvelle chirurgie… Sa source d’inspiration : des illustrations du botaniste français Pierre-Joseph Redouté (1759-1840).

Sur le plan technique, il utilise plutôt le pointillisme avec 3 aiguilles au lieu des 5 à 9 utilisées classiquement afin d’être le plus doux possible. Après les rayons et la chirurgie du sein beaucoup de femmes sont particulièrement sensibles dans cette zone du corps, explique-t-il.

Concernant ses interactions avec le corps médical pendant toute la démarche, David Allen explique qu’ils sont peu fréquents. En revanche, il précise qu’il étudie les clichés d’imagerie et les rapports opératoires que les femmes apportent et il ajoute que certaines femmes le mettent en contact avec leur oncologue ou leur chirurgien plasticien. « Savoir ce que leur peau a subi m’aide », indique-t-il.

Des contre-indications ?
Dans un entretien au magazine Rose, Nicolas Kluger (dermatologue et chercheur, spécialiste des tatouages), souligne qu’il n’existe pas de contre-indications spécifiques aux tatouages chez les femmes qui ont subi une mastectomie. « On peut tatouer une cicatrice à condition d’attendre au moins un an. Aucun lien n’est aujourd’hui établi entre la pratique du tatouage et l’apparition de maladies comme le cancer de la peau. En revanche, tout tatouage crée un risque – faible mais réel – d’infection ou d’allergie. Et le tatoueur doit évidemment respecter les conditions d’hygiène et utiliser des encres conformes à la norme européenne », explique-t-il.

REFERENCE :

  1. Allen D. Moving the Needle on Recovery From Breast Cancer. The Healing Role of Postmastectomy Tattoos. JAMA.com. 21 février 2017.

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