Burnout des médecins : méta-analyse des études d’intervention

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

1er mars 2017

Manchester, Royaume-Uni — Les interventions visant à réduire la prévalence du burnout chez les médecins ont-elles une efficacité ? Oui, mais modeste, selon une méta-analyse d’études d’intervention, réalisée par des britanniques et publiée dans le JAMA Internal Medicine [1]. Un résultat plutôt décevant quand l’ampleur du problème est devenue telle qu’on en est précisément à faire des méta-analyses d’interventions.

Cette méta-analyse n’est d’ailleurs pas la première. En décembre dernier, une équipe de la Mayo Clinic (Rochester) avait publié dans le Lancet des résultats assez comparables à ceux des britanniques : là aussi, il était conclu à une efficacité significative mais modeste des interventions vis-à-vis du burnout.

Il ne faut pas renoncer à ce type d’interventions, mais il ne faut pas non plus en attendre de bouleversement profond de l’épidémiologie du burnout.

En d’autres termes, il ne faut pas renoncer à ce type d’interventions, mais il ne faut pas non plus en attendre de bouleversement profond de l’épidémiologie du burnout dans la population de soignants.

La nouveauté intéressante qu’apporte l’étude britannique, est de suggérer que les interventions sur l’organisation des systèmes de soin eux-mêmes pourraient être beaucoup plus efficaces que les actions menées auprès des personnels soignants eux-mêmes.

Le travail américain n’avait pas observé cette différence. Et pourtant, un éditorial du JAMA, signé par des auteurs de la Mayo Clinic dont l’un avait cosigné la méta-analyse du Lancet, enfonce le clou sur la responsabilité des systèmes de soin et les réformes à y conduire [2].

L’éditorial rappelle deux choses.

  • Premièrement, on est dans une situation où le temps importe. « Le taux élevé de burnout rapporté parmi les physiciens américains (50%) peut être considéré à la fois comme un marqueur du dysfonctionnement mais aussi comme un facteur contribuant aux dysfonctionnements ».

On sait qu’une population de médecins en burnout, ou au bord de l’épuisement, va moins bien soigner les patients : on est donc aujourd’hui dans un cercle vicieux.

  • Deuxièmement, on pourrait se préoccuper un peu plus de prévention, en commençant par davantage de participation des médecins à l’élaboration de ce qui sera pour finir leur cadre de travail. Pour s’en tenir au simple aspect administratif des choses, les tâches à effectuer par un médecin américain sont déjà telles que les éditorialistes considèrent que la situation est « intenable ».

Une population de médecins en burnout, ou au bord de l’épuisement, va moins bien soigner les patients : on est donc aujourd’hui dans un cercle vicieux.

Il s’agit de « réduire » et de « mettre de la cohérence » tout ce qui concerne « les obligations comptables, l’évaluation de la qualité, et la justification de chaque test ». Et cela ne pourra se faire que par « une participation accrue de médecins d’exercices diversifiés ».

Il est donc bien dit que les aspects quantitatif mais aussi qualitatif de la représentation doivent évoluer.

Quant aux régulations elles-mêmes, elles devraient être « validées par toutes les parties prenantes, y inclus les médecins, et évaluées pour ce qu’elles impliquent en termes de charge de travail avant d’entrer en vigueur ».

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