VIH : sur-risque cardiovaculaire signalé avec l’antiprotéase darunavir

Vincent Bargoin, avec Heather Boerner

Auteurs et déclarations

23 février 2017

Seattle, Etats-Unis — Une étude internationale présentée à la CROI (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections) 2017, suggère un risque cardiovasculaire accru du darunavir (Prezista®, Tibotec) un inhibiteur de protéase anti-VIH. Selon le Dr Lene Ryom (Université de Copenhague), qui présentait l’étude, le sur-risque serait de même ordre de grandeur qu’avec les inhibiteurs de protéase de première génération.

Les résultats sont issus des cohortes prospectives D:A:D (Data Collection on Adverse Events of Anti-HIV Drugs), mises en place en Amérique du Nord, Europe et Australie, et qui visent à détecter les éventuels effets secondaires cardiaques, hépatiques et rénaux des traitements anti-rétroviraux de l’infection VIH.

En 2008, l’étude D:A:D avait montré, sur quelques 33 000 personnes, un risque d’infarctus du myocarde fortement accru sous abacavir (Ziagen®, GlaxoSmithKline) et sous didanosine (Videx®, Bristol-Myers Squibb) par rapport aux autres inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse.

En 2015, l’étude avait également montré un risque rénal du ténofovir, ainsi que des associations ritonavir (Norvir®, Abbott)-atazanavir (Reyataz®, BMS) et ritonavir-lopinavir (Kaletra®, Abbott).

Le traitement par darunavir, facteur indépendant du risque CV

Les nouveaux résultats concernent les infarctus du myocarde, les AVC, les interventions cardiaques invasives (pontage coronarien, angioplastie coronaire, endartériectomie carotidienne), et la mort subite d’origine cardiaque. L’analyse porte sur les évènements survenus chez plus de 35 000 sujets depuis 2009. 1157 évènements ont été recensés durant un suivi médian de 7 ans.

Le risque d’évènement CV parait augmenter de 59% par période de 5 ans passée sous traitement au darunavir boosté au ritonavir.

Après ajustements pour un diabète à l’inclusion, l’IMC, la dyslipidémie, ainsi que le taux de CD4, le risque d’évènement CV parait augmenter de manière quasi linéaire, de 59% par période de 5 ans passée sous traitement au darunavir boosté au ritonavir.

Cette progression du risque n’est pas observée chez les sujets traités par atazanavir boosté au ritonavir.

Après ajustements supplémentaires pour le tabagisme, la fonction hépatique, la fonction rénale et l’évolution des CD4, le sur-risque d’évènement CV sous darunavir continue d’augmenter de 53% par période de 5 ans.

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