Déneigement dans le froid : une accumulation de risques pour l'infarctus

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

20 février 2017

Montréal, Canada — Au Québec, un pic d’infarctus du myocarde (IDM) est associé aux chutes de neige. Selon un papier publié dans le Canadian Medical Association Journal, la relation est observée aussi bien pour les admissions pour IDM que pour la mortalité par IDM, et des corrélations sont retrouvées avec la quantité de neige tombée et avec la durée de l’épisode neigeux [1]. En revanche, l’association n’est pas retrouvée chez les femmes.

« Nous suspectons que le travail de déneigement est le principal mécanisme associant chute de neige et infarctus », concluent les auteurs.

On note que cette association entre neige et IDM a déjà été signalée à plusieurs reprises dans les régions Nord des Etats-Unis (Pennsylvanie, Rhodes Island, Minneapolis–St. Paul), ainsi qu’en Suisse.

Excès d’infarctus chez les hommes le lendemain des chutes de neige

L’analyse porte sur 128 073 admissions à l’hôpital pour IDM, et 68 155 décès par IDM survenus entre 1981 et 2014, durant la période comprise entre novembre et avril. Le nombre d’évènements enregistrés quotidiennement a simplement été rapporté aux éventuelles chutes de neige le jour en question, au lieu de résidence, et à l’épaisseur tombée. Les données ont été ajustées pour la température quotidienne minimale, puisque celle-ci peut jouer un rôle dans la survenue des IDM.

Le risque d’IDM apparait maximal le lendemain de la chute de neige. Par rapport à un jour sans neige, le risque d’admission à l’hôpital pour IDM est accru d’un facteur 1,16 (IC95 %[1,11-1,21]) le lendemain de la chute de 20 cm de neige, et le risque de décès par IDM, de 1,34 ([1,26-1,42]).

Cette corrélation n’existe que chez les hommes, puisque, chez les femmes, ces risques relatifs sont respectivement de 1,01 ([0,95-1,07]) et 1,04 ([0,96-1,13]).

De même, par rapport à l’absence de neige, un jour de neige avec chute d’au moins 5 cm, est associé à un sur-risque de 1,06 [1,03-1,08] d’admission pour IDM chez les hommes, et de 1,14 [1,10-1,18] de décès pour IDM le lendemain de cette chute. En cas de chutes de neige pendant deux à trois jours consécutifs, les risques d’admission et de décès passent respectivement à 1,09 [1,04-1,14] et 1,20 [1,12-1,28].

Enfin, indépendamment de l’épaisseur de neige tombée, un jour comportant une chute de neige de plus de 6 heures est associé à un sur-risque d’hospitalisation pour IDM le lendemain de 1,01 [0,98-1,03] et un risque de décès de 1,05 [1,02-1,09], tandis que deux ou trois jours consécutifs sont associés à des risques de 1,05 [1,03-1,08] et 1,13 [1,09-1,17].

Toujours chez les hommes uniquement, car aucun de ces résultats n’est significatif chez les femmes.

Ces associations sont, par ailleurs, indépendantes de l’âge, des antécédents CV éventuels, et des facteurs de risque.

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