Démission collective : la seule façon de se faire entendre pour les médecins en colère ?

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

17 février 2017

Un mode d'action plus efficace que la grève

Démissions ou menaces, ce nouveau mode d'action semble faire ses preuves. Premiers à avoir défrayé la chronique, les médecins urgentistes d’Avignon semblent avoir obtenu gain de cause. Fin octobre 2016, le centre hospitalier d’Avignon précisait que les démissions déposées par les urgentistes avaient été retirées.

« Des discussions entre médecins, président et vice-président de la commission médicale d'établissement et direction ont permis de retenir une nouvelle organisation », informait la direction. « Par ailleurs, le CH d'Avignon s'engage selon un calendrier précis à poursuivre l'application du nouveau référentiel de temps de travail des médecins urgentistes, arrêté par la ministre des Affaires Sociales et de la Santé. Les médecins urgentistes, au vu de ces propositions, reviennent sur leur décision de démission pour ceux qui étaient concernés, et les équipes dans leur ensemble s'engagent sur les plannings des mois à venir pour assurer une continuité et une efficacité du service public ».

 
Quand on fait grève à l'hôpital, c'est épuisant. Et ça ne donne pas forcément de résultats -- Dr Christophe Prudhomme
 

Il semble que les médecins aient obtenu satisfaction pour l’ensemble de leurs revendications. A Senlis, tout comme à Dreux, le dialogue social, qui était rompu, a repris. « Les moyens d'action classiques ont montré leur limite, explique le Dr Christophe Prudhomme, élu CGT. Quand on fait grève à l'hôpital, il faut être présent, gérer l'activité normale du service et le mouvement social. C'est épuisant. Et ça ne donne pas forcément de résultats ».

Urgentistes en première ligne

Si ce sont majoritairement les urgentistes qui utilisent ce moyen d'action extrême, ce n'est pas par hasard : « L'accord sur le décompte en heures du temps de travail des urgentistes datant de décembre 2014 n'est appliqué que dans un tiers des hôpitaux. Et la politique du gouvernement ne change pas, il continue de fermer des lits. Si bien que les urgentistes rencontrent de plus en plus de difficultés pour hospitaliser leurs patients, on perd son temps à chercher des lits pour les patients qui arrivent aux urgences. Le travail devient de plus en plus épuisant. »

 

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