Démission collective : la seule façon de se faire entendre pour les médecins en colère ?

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

17 février 2017

Paris, France — Après les treize urgentistes d'Avignon, les onze de Dreux, ce sont maintenant vingt praticiens hospitaliers du centre hospitalier de Senlis qui disent vouloir claquer la porte, pour protester contre un rapprochement de certains services des hôpitaux de Senlis et de Creil.

Rappelons que les deux sites, Senlis et Creil, font partie du même établissement, le groupement hospitalier public Sud-Oise (GHPSO). Dès le 1er mars prochain, les services de réanimation du CH de Senlis seront transférés sur l’hôpital de Creil. Ce qui a pour conséquence de mettre fin à la garde de réanimateur sur le site de Senlis.

Le directeur de l’établissement, Didier Saada, ne voit que des avantages dans le regroupement de ces activités : organisation de l’offre de soins de manière plus efficiente, constitution d’équipes dédiées, moindre recours à l’intérim. Il en va tout autrement des médecins, qui déplorent la perte d’un nouveau service – après que les urgences pédiatriques ont déménagé de Senlis vers Creil en 2015, dans le cadre d’un nouveau projet médical datant de 2012.

Objectif : économie de 45 millions d’euros

L’objectif affiché est de résorber le déficit des hôpitaux de 45 millions d’euros. « C'est à nouveau un service hospitalier qui disparaît pour tout le secteur de la région de Senlis qui est un bassin de vie qui s’étend aux départements 77, 95, 02... Tout ce secteur-là est condamné, depuis quelques années, à voir le service public hospitalier se réduire », constate le Dr Véronique Pruvost-Bitar, angiologue, à nos confrères de France 3 .

De fait, se défend le directeur de l’établissement, le centre hospitalier de Senlis n’est pas délaissé dans le projet de réorganisation, puisque devrait y voir le jour un service de surveillance continue de 8 lits.

Dans la lettre de menace de démission qu’ils ont fait parvenir à la direction, les médecins dénoncent une réorganisation qui, loin d’engendrer des économies, devrait au contraire augmenter les dépenses de 11 millions d’euros.

Démissions à Alençon

À Alençon, dans le département de l’Orne en Normandie, les chefs des SAMU et des urgences ont mis leur menace à exécution : ils ont démissionné, pour dénoncer là encore un projet de restructuration.Julien Trotel, directeur médical du SAMU-centre 15, et Aurore Destré, chef du service des urgences, ont remis leur démission de leur poste de responsabilité le 31 janvier dernier, tout en restant praticiens hospitaliers dans l’établissement.

Ce projet de réorganisation, tel que dénoncé par l’Ordre des médecins de l’Orne, l’Union régionale des médecins libéraux, et l’Apsum (association de gestion de la permanence des soins), prévoit la fermeture la nuit, d’ici fin 2017, de la plateforme téléphonique d’appel du SAMU, et la possible suppression d’une équipe du SMUR d’Alençon. Les médecins urgentistes craignent que la suppression de cette équipe entraine l’arrêt des rotations de l’hélicoptère du SAMU d’Alençon la nuit.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....