POINT DE VUE

Association benzodiazépines et opiacés : quelles précautions ?

Dr Patrick Lemoine

Auteurs et déclarations

21 février 2017

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Enregistré le 31 janvier 2017, à Paris

Les benzodiazépines et les opiacés sont deux séries de molécules qui ont deux points communs :

  1. elles peuvent être détournées de leur usage à des fins récréatives, chacune des deux séries de molécules renforçant l’autre.

  2. elles sont toutes les deux capables d’être des dépresseurs respiratoires. Insistons sur ce point-là

De très nombreux sujets souffrent d’insuffisance respiratoire, soit dans le cadre d’une bronchopneumopathie chronique obstructive, soit de façon plus préoccupante, dans le cadre du syndrome d’apnée du sommeil (SAS), une pathologie particulièrement fréquente souvent oubliée.

Un tiers des hypertensions artérielles normales et deux tiers des hypertensions instables sont liées à un SAS [1,2]. Deux tiers des fibrillations auriculaires sont dues à un SAS [3] et 46 % des patients ayant un trouble bipolaire ont également un SAS. [4] Parfois, il n’existe pas de signe d’appel.

Avant de prescrire une de ces deux molécules, dans les cas par exemple de soins palliatifs extrêmes, on doit systématiquement interroger l’entourage pour savoir s’il y a des ronflements, des pauses respiratoires, des reprises suffocatoires et, en l’absence de conjoint, il faut également rechercher s’il y a des sueurs nocturnes et une nycturie. Dans ce cas, la plus extrême prudence est recommandée. Lorsqu’on veut donner un anxiolytique en dehors du cadre de soins palliatifs, prescrire un anxiolytique sans interroger le sujet sur ses ronflements me paraît de l’ordre de la faute médicale qui peut mener tout droit à l’infarctus, à l’accident vasculaire cérébral, voire à l’Alzheimer.

 

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