Risque d’amputation sous gliflozine : les propositions d’avertissements de l’EMA

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

27 février 2017

Actualisation — Dans un point d’information du 23 février, l’EMA précise qu’elle propose de modifier les informations produits de l’ensemble des gliflozines pour faire apparaitre le risque d’amputation. Le risque devrait être qualifié « d’important » pour les spécialités à base de canagliflozine et de « risque potentiel important » pour les spécialités à base de dapagliflozine et d’empagliflozine. AL

Gliflozines : l’EMA pourrait demander de faire figurer le risque d’amputation sur les RCP

Londres, Royaume-Uni/13 février 2017 — « Le Comité de pharmacovigilance (Pharmacovigilance Risk Assessment Committee : PRAC) de l’Agence européenne du médicament (EMA), avertit qu’une augmentation des cas d’amputation au niveau des membres inférieurs (concernant principalement les orteils) a été observée chez les patients prenant l’antidiabétique canagliflozine (Invokana®, Vokanamet®, Janssen), par rapport à ceux prenant un placebo dans les essais cliniques CANVAS et CANVAS-R ».

L’étude CANVAS (CANagliflozin cardioVascular Assessment Study) évalue l’antidiabétique dans une population à haut risque CV, tandis que CANVAS-R est consacrée aux critères rénaux.

Le communiqué de l’EMA ne s’arrête pas là : « un risque accru n’a pas été observé avec la dapagliflozine (Farxiga®, Xigduo XR®, AstraZeneca, AstraZeneca) et l’empagliflozine (Jardiance®, Boehringer Ingelheim). Toutefois, les données disponibles actuellement sont limitées, et le risque pourrait être un effet classe ».

Enfin, si les recommandations du PRAC sont suivies par l’EMA, les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose 2 (SGLT-2) devraient maintenant porter un avertissement, « soulignant l’importance des soins quotidiens aux pieds, en prévention ».

Rude coup pour les gliflozines, donc, mais pas complètement inattendu, puisqu’en avril 2016, l’EMA avait lancé une enquête sur la canagliflozine , puis étendu cette enquête à la dapagliflozine et à l’empagliflozine en juillet 2016.

Les données complètes demandées aux promoteurs des essais ont donc fait pencher la balance en faveur de l’avertissement. On note cependant que le comité de surveillance des données de CANVAS et CANVAS-R n’a pas estimé devoir interrompre les essais.

L’EMA ne publie pas les données sur lesquelles se fonde son évaluation. L’agence se borne à indiquer que « pour la canagliflozine, l’amputation au niveau des membres inférieurs devrait être listée comme effet secondaire rare (survenant chez 1 à 10 patients sur 1000). Les médecins devraient envisager de stopper le traitement par canagliflozine si les patients développent des complications significatives au niveau des pieds, à type d’infection ou d’ulcères ».

Enfin, on s’interroge sur le mécanisme de cet effet secondaire, que l’EMA qualifie de « peu clair ». On note cependant qu’en juillet dernier l’agence avait demandé aux fabricants de discuter de mécanismes d’action possibles, en privilégiant l’hypothèse d’un effet de la déplétion volumique.

 

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