Bronchiolite du nourrisson : aperçu des futures recommandations 2017

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

16 février 2017

Marseille, France — Les dernières recommandations françaises sur la prise en charge de la bronchiolite aiguë du nourrisson datent de l’an 2000 [1].

Or, en 17 ans, la prise en charge de cette affection infection virale, principale cause d’hospitalisation des enfants de moins d’un an, a évolué.

« Nous devrions publier de nouvelles recommandations actualisées cette année », a indiqué le Dr Ralph Epaud (pédiatre au Centre Intercommunal de Créteil) à Medscape à l’occasion du Congrès de Pneumologie de Langue Française (CPLF) 2017 [2].

En substance, si rien n’a beaucoup bougé sur le plan pharmacologique, la place attribuée à la kinésithérapie respiratoire a, elle, profondément changé.

 
Nous devrions publier de nouvelles recommandations actualisées cette année – Dr Ralph Epaud
 

Pas de traitement médicamenteux spécifique

En termes de traitement médicamenteux, aucun n’est indiqué dans la prise en charge de la bronchiolite hormis les antipyrétiques.

Les bronchodilatateurs (salbutamol ou terbutaline) et les corticoïdes oraux ne sont pas recommandés.

Les antibiotiques sont inefficaces en dehors des complications (otites moyennes aigües ou surinfections pulmonaires).

Les sirops antitussifs ne sont pas indiqués, voire sont même désormais contre-indiqués chez les moins de deux ans.

Aussi, à l’hôpital, l’utilisation de la solution saline hypertonique en nébulisation a fait l’objet de nombreuses études sans convaincre de son réel intérêt.

Des recherches sur les antiviraux et sur les vaccins anti-VRS (le principal virus impliqué dans la bronchiolite), notamment chez la femme enceinte, sont en cours mais n’aboutiront pas avant plusieurs années. Pour l’instant, l’alivizumab, un anticorps anti-VRS peut être administré en prévention des infections respiratoires basses dues au VRS chez les prématurés et chez certains enfants à risque.

La fin de la kinésithérapie respiratoire systématique

Le vrai changement de ces futures recommandations par rapport à celles de l’an 2000 concerne en premier lieu l’utilisation de la kinésithérapie respiratoire.

 
Le vrai changement de ces futures recommandations concerne en premier lieu l’utilisation de la kinésithérapie respiratoire.
 

En quelques années, plusieurs études ont démontré l’absence d’efficacité de la kinésithérapie respiratoire systématique à l’hôpital.

D’après une revue de la Bibliothèque Cochrane de 2016 [3], la kinésithérapie respiratoire ne diminue pas la gravité de la maladie, n'améliore pas les paramètres respiratoires, ne réduit pas la durée du séjour à l'hôpital ni les besoins en oxygène chez les nourrissons hospitalisés atteints de bronchiolite aiguë n'étant pas sous ventilation mécanique. Aucune différence significative n’a été observée en fonction des modalités de la kinésithérapie respiratoire (les vibrations et la percussion ou les techniques expiratoires passives).

D’ailleurs, outre Atlantique, les recommandations de l’ American Academy of Pediatrics ne la recommandent plus depuis 2014 [4].

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