Cœur et stress oxydatif : la nicotine des e-cigarettes n’est pas anodine

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

13 février 2017

Les taux de cotinine plasmatique (métabolite prédominant de la nicotine) étaient, par ailleurs, significativement corrélé à chacun des paramètres de fréquence cardiaque, soit inversement corrélé avec la composante HF (P = 0,04) et directement avec la composante BF (P = 0,03).

Enfin, le taux de LDL oxydé était plus élevé chez les 12 vapoteurs testés par rapport aux 18 sujets-contrôle (moyenne [SEM] 3801,0 U vs 2413,3; P=0,01). En revanche, tous les autres marqueurs du stress oxydatif (paraoxonase-1, HDL) et ceux de l’inflammation (fibrinogène, protéine C réactive) n’ont montré aucune différence significative entre les 2 groupes.

Des limites méthodologiques

A partir de ces données, les auteurs déduisent que « les anomalies de la régulation de la fréquence cardiaque associée à un stress oxydatif accru sont à mettre sur le compte du fardeau de la e-cigarette » et que « ces résultats sont importants parce que l’augmentation de l’activité cardiaque sympathique et du stress oxydatif sont des mécanismes bien connus par lesquels les cigarettes classiques augmentent le risque cardiovasculaire ». Avant de conclure de façon plus prudente que : « sur la base de ces travaux, nous pouvons dire qu’une utilisation courante de la cigarette électronique est associée à des effets physiologiques. Néanmoins, nous ne pouvons affirmer une relation de cause à effet sur la base de cette seule (et petite) étude ; d’autres recherches sont nécessaires pour s’assurer des effets cardiovasculaires de la e-cigarette. »

Pour sa part, le Pr Joep Perk considère que « si cette étude confirme que « les cigarettes électroniques ne sont pas anodines », ce serait néanmoins « aller trop loin que de dire que ces effets négatifs sont la preuve que les gens vont mourir prématurément par la faute des e-cigarettes [3]. »

Et pour cause, l’étude comporte un certain nombre de limites méthodologiques, comme les reconnaissent les auteurs [1] et la conclusion sur le risque cardiovasculaire est peut-être un peu hâtive, comme ne manque pas de le faire remarquer l’éditorialiste [2].

Les chercheurs notent ainsi que malgré la mesure de la cotinine, ils ne peuvent exclure qu’un ou plusieurs participants aient consommé des cigarettes classiques. Par ailleurs, ils n’ont pas fait d’analyse de toxicologie pour éliminer la consommation de marijuana et l’exposition à d’autres substances. Les 2 groupes n’étaient pas non plus semblables en termes d’anciens fumeurs et de sexe, le groupe vapoteur contenant respectivement 10 ex-fumeurs et 3 femmes (sur 16) versus 2 ex-fumeurs et 11 femmes (sur 18) pour le groupe contrôle. De même, l’étude ne comprenant pas de groupe de fumeurs de cigarettes classiques, il est difficile de situer les anomalies constatées dans le groupe vapoteur par rapport à celles que l’on pourrait constater chez des fumeurs.

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