Première comparaison directe E-cigarette, substituts nicotiniques et tabac

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

14 février 2017

Une étude de plus en faveur du sevrage tabagique par la e-cigarette

Pour les auteurs, les faibles taux de carcinogènes et de toxines détectés chez les anciens fumeurs devenus vapoteurs ou utilisateurs de substituts nicotiniques confirment que la substitution nicotinique à long terme est sure.

Ils montrent également que les liquides et les aérosols contenus dans les cigarettes électroniques ne sont pas cancérigènes, ce qui devrait balayer les inquiétudes sur l’exposition à long terme aux cigarettes électroniques.

« Etant donné le rôle joué par les NATS et les COV dans le cancer, les maladies cardiovasculaires et les maladies pulmonaires, nos résultats suggèrent que la substitution complète de la cigarette par la e-cigarette devrait réduire le risque de maladies », concluent les auteurs.

Interrogé par l’édition anglaise de Medscape, le Pr David Nutt (Collège impérial de Londres, Royaume-Uni) qui n’a pas participé à l’étude confirme que cette étude devrait lever les suspicions sur la toxicité de la e-cigarette.

Il faut être dingue pour penser que la e-cigarette peut produire autant de toxines que le tabac -- Pr David Nutt

« Je dois dire que ces données ne sont absolument pas surprenantes. Vue la composition des e-cigarettes, elles ne pouvaient pas être aussi dangereuses que ce qui avait été dit auparavant, » explique-t-il. « Cette étude montre juste que dans la vraie vie, les gens qui disent que la cigarette électronique est moins dangereuse que la cigarette ont raison : il faut être dingue pour penser que la e-cigarette peut produire autant de toxines que le tabac », ajoute-il.

Il souligne également que jusqu’ici les études qui ont mis en évidence des effets toxiques de la cigarette électronique n’ont pas été réalisées avec les bons contrôles, à savoir des fumeurs.

« Quand vos sujets contrôles sont des fumeurs, comme dans cette étude, vous montrez que les e-cigarettes sont largement plus sures que le tabac, comme vous l’auriez imaginé. »

Cette nouvelle étude pourra-t-elle infléchir la position de l’OMS qui estime seulement « vraisemblable » cette moindre toxicité ? Pour rappel, d’après un rapport publié en novembre 2016 par l’agence internationale : « aucune affirmation quantifiant la diminution du risque par rapport au tabac n’a la moindre crédibilité scientifique aujourd’hui ».

Le Dr Shahab a reçu des financements de Cancer Research UK et des bourses de Pfizer pour des études sur le sevrage tabagique. Il rapporte également avoir perçu des honoraires d’Atlantis Health Care. Le Dr Nutt est conseillé pour Lundbeck, MSD, Nalpharm, Orexigen, Shire, MSD, Opiant, et Sunovion et a reçu des honoraires BMS/Otsuka, GSK, Lilly, Janssen, Servier, AZ, et Pfizer. Le Dr Nutt a également reçu des bourses de P1vital, MRC, NHS, et Lundbeck, et a des parts dans P1vital. Il est directeur d’Equasy Enterprises et de Greenlight.

REFERENCE:

1. Shahab L. et coll. Nicotine, Carcinogen, and Toxin Exposure in Long-Term E-Cigarette and Nicotine Replacement Therapy Users: A Cross-sectional Study. Ann Intern Med. Publié en ligne le 7 février 2017.

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