Traitements de l’hépatite C : l’accès universel confronté au principe de réalité économique

Dr Catherine Desmoulins

Auteurs et déclarations

3 février 2017

Paris, France – Pour le Dr Pascal Melin, président de SOS Hépatites et hépatologue « 2017 marque un tournant historique pour les hépatites. L’accès universel aux antiviraux directs (AAD) de l’hépatite C, promis en mai 2016 par Marisol Touraine devait conduire à l’éradication de cette maladie ce qui suggère de passer désormais à l’étape supérieure, à savoir celle du dépistage universel de l’hépatite C car 200 000 personnes infectées par l’hépatite C ignorent qu’elles sont en attente de guérison ».

Derniers chiffres officiels

Selon les derniers chiffres InVS, 192 835 sujets (fourchette de 150 935 à 246 055) sont porteurs de l’ARN viral de l’hépatite C et 340 503 sont porteurs d’anticorps anti VHC.

*Pioche C. et al « Estimation de la prévalence de l’hépatite C en population générale, France métropolitaine, 2011 » BEH n°13-14 / 17 mai 2016

 

« C’est la première fois qu’en une génération, on voit apparaitre une maladie infectieuse, ses traitements curatifs et la perspective de la voir disparaitre et ceci sans passer par l’étape du vaccin » s’est enthousiasmé le Dr Melin qui a rappelé que l’hépatite C dite initialement hépatite non A non B a été identifiée pour la première fois en 1991.

 
200 000 personnes infectées par l’hépatite C ignorent qu’elles sont en attente de guérison -- Dr Pascal Melin
 

Aujourd’hui, en effet, le taux de guérison des malades traités est de 97%, avec moins de 3% de recontaminations dans les populations à risque, une crainte qui faisait limiter l’accès aux traitements pour les usagers de drogue.

Patience et longueur de temps

Dans les faits néanmoins, il faudra attendre encore un peu pour voir l’intégralité des malades porteurs d’une hépatite C chronique traités, et ceci indépendamment de la publication de l’accès universel au Journal officiel (JO) et, encore plus de temps, pour évoquer l’éradication du VHC compte tenu du déficit de dépistage et du manque d’accès aux AVD dans nombre de régions du monde.

Pourquoi ?

Parce qu’il reste de nombreux dossiers de concertation pluridisciplinaire (RCP) en attente d’examen et que l’accès universel aux traitements ne s’est pas accompagné d’une mise à disposition de moyens supplémentaires dans les centres d’hépatologie, a reconnu le Pr Patrick Marcellin, organisateur de la 10ème Paris Hepatology Conference.

Concrètement, obtenir un rendez-vous avec un hépatologue dans un centre homologué (seul à même de prescrire un traitement contre l’hépatite C) impose un délai, selon les régions, de 3 à 6 mois. Vient ensuite le délai pour obtenir les examens complémentaires, notamment le fibroscan et enfin celui du passage en RCP, jusqu’à présent obligatoire pour tous les patients.

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