Cardiologie du sport : de nouvelles recommandations moins restrictives

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

31 janvier 2017

Dans cet article

Paris, France Les nouvelles recommandations américaines concernant la pratique sportive en cas de pathologie cardiovasculaire « restent prudentes, mais sont globalement moins restrictives, notamment sur les coronaropathies », a souligné le Dr Jean-Michel Chevalier (Centre de rééducation Avicenne, Libourne), lors d'une présentation aux Journées européennes de la Société française de cardiologie (JESFC 2017) [1].

Les dernières recommandations de l'American Heart Association (AHA) et de l'American College of Cardiology (ACC) dataient de 2005. Publiées fin 2015 dans Circulation, ces nouvelles recommandations, regoupées en 15 chapitres, concernent la pratique sportive en compétition, mais « peuvent être élargies à l'activité physique en général ».

« En dix ans, de nombreux progrès ont été enregistrés », a commenté le cardiologue. « Notamment, avec le suivi de larges cohortes de sportifs, le développement du diagnostic par l'utilisation de l'IRM, de la génétique et de la rythmologie ou encore l'amélioration de certaines thérapies, comme l’angioplastie. »

Le sport en neuf catégories

Dans le premier chapitre des recommandations, les activités sportives sont énumérées (70 au total) et classées en neuf catégories, selon leur caractéristique statique (I, II, III) et leur dynamique (A, B et C).

Dans la catégorie IA, on trouve par exemple le golf ou le yoga. Les arts martiaux sont dans la même dynamique, mais avec davantage de travail musculaire (IIIA).

En 1B, se place le tennis de table ou le volleyball. On retrouve dans les catégories statiques supérieures la natation synchronisée (IIB) ou encore le body building (IIIB).

En dynamique plus élevée, apparaissent le badminton, le football et la course longue distance (IC), le basketball (IIC), le triathlon et la boxe (IIIC).

Cardiomyopathie hypertrophique: la génétique évoquée

Dans le cas de la cardiomyopathie hypertrophique, première cause de mort subite chez les jeunes sportifs, « toute compétition reste interdite, sauf pour une activité de catégorie IA », le sport étant un facteur aggravant de la maladie.

« Le désir de pratiquer une compétition sportive ne justifie, en aucun cas, la pose d'un défibrillateur ou la prescription d'un traitement par bétabloquants », a tenu à rappeler le Dr Chevalier.

La découverte de 11 gènes et de 1 500 mutations, en lien avec la maladie, a également amené à se prononcer pour les patients porteurs d’une anomalie génétique, mais asymptomatiques. « Tous les sports leur sont accessibles, à condition de n'avoir ni antécédent familial de mort subite, ni hypertrophie ventriculaire gauche, ni arythmie. »

Pour ce qui est de la dysplasie arythmogène, « les sports de compétition sont contre-indiqués, exceptés peut-être la classe IA, car l'activité physique favorise la dilatation du ventricule droit et surtout l'augmentation des arythmies ». Là encore, « la pose d'un défibrillateur n'est pas justifiée ».

« Récemment découverte et sous-estimée, même à l’autopsie », la non compaction du ventricule gauche a fait l'objet d'un sous-chapitre. Cette malformation cardiaque congénitale consiste en la présence de trabéculations importantes à la pointe du ventricule gauche (encore appelée myocarde spongieux).

« Tous les sports sont autorisés si les patients sont asymptomatiques, avec un ventricule gauche normal et sans arythmie ventriculaire », a indiqué le Dr Chevalier.

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