Burnout hospitalier : des urgentistes et des cardiologues menacent de démissionner en bloc

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

27 janvier 2017

Paris, France — Après les urgentistes d’Avignon fin 2016, ce sont maintenant ceux du centre hospitalier de Dreux qui menacent de démissionner… en bloc. En effet, onze d’entre eux, sur un total de quinze médecins titulaires, ont annoncé leur décision de claquer la porte du centre hospitalier Victor Jousselin (Dreux), dans un courrier commun remis à leur direction mi-janvier. De fait, il s’agit beaucoup plus d’un ultimatum que d’une démission immédiate. Dans une lettre adressée à la directrice du CH de Dreux, Carole Festa, les urgentistes demandent la satisfaction de l’ensemble de leurs revendications d’ici le 1 er octobre, sans quoi ils mettront leur menace de démission à exécution. La direction a donc le temps de voir venir. Et de trouver des solutions à un conflit qui a débuté en juillet 2015.

Conflit débuté en juillet 2015 avec les mêmes revendications

Il y a un peu plus d’un an, les urgentistes observaient une grève, entre fin juillet et fin aout. Ils dénonçaient la surcharge de travail, due à un manque de personnel, et une hausse de 8% de la patientèle par rapport à 2014. Leurs revendications d’hier sont celles d’aujourd’hui : ils réclament toujours l’embauche de nouveaux médecins, en vue de l’application de la réforme des horaires. Si la menace de démission survient maintenant, c’est tout simplement parce que la situation est devenue explosive. Trois praticiens ont quitté le service le mois dernier, et l’épidémie de grippe qui sévit sur l’ensemble du territoire n’a pas épargné le centre hospitalier de Dreux. Selon les médecins urgentistes, le bon fonctionnement des urgences nécessiterait la création de quatre postes supplémentaires à temps plein. Difficile de satisfaire leur demande car ce sont, non pas 4 mais 60 postes de plus qui seraient nécessaires à léchelle régnale, confie Carole Festa à Medscape, si l’on voulait appliquer la réforme horaire de passage aux 39 heures de temps clinique. De son côté, l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) informe que dans la région Centre-Val de Loire 80 postes sont vacants (30% des postes).

Urgences hospitalières au bord de la crise de nerfs !

Pour rappel, suite à une grève éclair, la ministre de la santé avait signé en décembre 2014 un protocole de fin de grève avec les urgentistes. Par une instruction ministérielle , Marisol Touraine consacrait le temps clinique des urgentistes à 39 heures hebdomadaires, le delta entre 39 heures et 48 heures étant consacré à des activités non cliniques. Seulement, cet accord n’a été que peu appliqué, comme le rappelait un communiqué commun de Samu urgences de France, l’Amuf, et la CGT en décembre dernier titré explicitement « Les urgences hospitalières au bord de la crise de nerfs ! ». « En deux ans, les conditions de travail se sont dégradées car le flux de patients ne cesse d’augmenter alors que les moyens eux restent contraints », dénonçaient les syndicalistes. Qui réclamaient alors la mise en application de ce nouveau décompte horaire sur l’ensemble du territoire à compter du 1er janvier. Force est de constater que cette doléance est restée un vœu pieux.

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