Une nouvelle plateforme d'écoute pour les soignants en souffrance

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

25 janvier 2017

Paris, France — C’est, malheureusement, un succès dont on se passerait. Lancé fin novembre dernier, la plateforme d’appel des soignants en souffrance a enregistré quelque 220 appels en un peu plus d’un mois, soit à peu près 6 appels par jour, via son numéro vert.

Cette initiative avait été lancée par l’association soins aux professionnels de santé (SPS), qui regroupe « des experts souhaitant partager et défendre la santé des professionnels de santé vulnérables ». La plateforme d’appel s’adresse à l’ensemble des professionnels de santé, mais aussi à leurs familles ou aux étudiants. Les appelants sont pris en charge par des psychologues spécialisés, puis orientés, si besoin, vers des soignants ou des services spécifiques (juridiques, administratifs…). Présidé par le Dr Patrick Henry, ancien président du syndicat des médecins libéraux (SML), SPS, créée il y a deux ans, assure le secret médical et l'anonymat aux appelants.

 
Parmi les motifs d’appel, l’épuisement professionnel vient en tête, qui totalise un quart des appelants.
 

Pour l’heure, les appels, soit plus de 80 heures d’écoute, témoignent avant tout de la souffrance morale des appelants. « Je me sens épuisé », « J’ai trop de travail », « Je me sens harcelé », « Je n’en peux plus », « J’ai besoin d’aide», « J’ai décidé de m’en sortir »… Voilà les principaux messages d’alerte que réceptionnent les professionnels de la plateforme d’écoute.

Une majorité de femmes

Les soignants en demande d’aide sont aux trois quarts des femmes, à 60% des salariés, et les professionnels les plus représentés sont les infirmiers, aides-soignants, médecins et pharmaciens. Les départements les plus représentés sont le Finistère, Paris et le Rhône. Parmi les motifs d’appel, l’épuisement professionnel vient en tête, qui totalise un quart des appelants. Puis suivent immédiatement les demandes d’orientation (10%), les conflits hiérarchiques (8%), les dénonciations des conditions de travail et les cas de harcèlement (6%).

« A peu près 80% des appelants appellent pour être écoutés. Nous en suivons une vingtaine et cinq à six personnes ont été réorientées vers des services dédiés », ajoute SPS, contacté par Medscape édition française. « Nous proposons des services de remplacement pour les libéraux, nous fournissons une aide sur les questions d'assurance, et des conseils pour mieux gérer son quotidien. Actuellement, nous travaillons sur la mise en place d'un comité scientifique pour accompagner ces soignants en structure et en consultation physique. »

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