Cancer du col de l'utérus: les raisons du dépistage systématisé en 2018

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

24 janvier 2017

4,2% de frottis anormaux

En ce qui concerne les résultats de cytologie, le pourcentage de frottis     non satisfaisants ne dépassait pas le seuil de 2% pour les cinq     départements affichant des données suffisantes pour une analyse. Un taux     attestant d'une bonne qualité du prélèvement, qui révèle des pratiques     jugées « conformes aux normes européennes ».

Dans 4,2% des cas, les frottis étaient anormaux. La majorité présentait des     atypies cellulaires malpighiennes de signification indéterminée (ACS-US).     Au total, 5 180 lésions précancéreuses, 55 carcinomes glandulaires in situ     (AIS) et 323 cancers invasifs ont été dépistés, soit des taux de détection     respectifs de 620,5, de 6,7 et de 39,1 pour 100 000 femmes dépistées.

 
Les baisses de l'incidence et de la mortalité liées à ce cancer sont alors     comprises entre 13 et 26%, selon la modélisation.
 

« Cette évaluation souligne donc le gain potentiel d’une généralisation du     dépistage », notent les auteurs. « Le cahier des charges national du     programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus sera publié     fin 2017 pour une généralisation effective l’année suivante », indiquent, dans un éditorial, le directeur général de Santé publique France,    François Bourdillon, et le président de     l'INCa, Norbert Ifrah.

Par ailleurs, une autre étude présentée dans ce BEH confirme l'intérêt, en     termes médico-économique, d'organiser la généralisation de ce dépistage par     invitation et relance des femmes concernées. Les baisses de l'incidence et     de la mortalité liées à ce cancer sont alors comprises entre 13 et 26%,     selon la modélisation.

Kit d'auto-prélèvement vs courrier de relance

 
L’envoi à domicile d’un kit d’auto-prélèvement vaginal est une méthode     innovante, efficace et coût-efficace pour augmenter la participation […]     parmi des femmes non dépistées – Les auteurs
 

Enfin, un essai randomisé, mené en Indre-et-Loire, montre le bénéfice d'une     stratégie de dépistage prévoyant l'envoi d'un test de recherche du     papillomavirus humains (HPV) au domicile des femmes n'ayant pas répondu à     l'invitation à réaliser un frottis cervico-utérin. Un kit     d'auto-prélèvement vaginal apparait alors plus efficace qu'une lettre de     relance.

Dans cet essai, 6 000 femmes de 30 à 65 ans non dépistées et n'ayant pas     répondu à une invitation à se faire dépister ont été randomisées en trois     groupes: « sans intervention », « avec relance », prévoyant l'envoi d'un     nouveau courrier incitant à effectuer un frottis et « auto-prélèvement »,     avec la mise à disposition par courrier d'un kit d'auto-prélèvement à     renvoyer au laboratoire pour un test HPV.

Selon les résultats, la participation au dépistage est doublée avec l'envoi     du kit, comparativement à un courrier de relance, les taux étant     respectivement de 22,5% contre 11,7%.

« L’envoi à domicile d’un kit d’auto-prélèvement vaginal est une méthode     innovante, efficace et coût-efficace pour augmenter la participation au     dépistage du cancer du col de l’utérus parmi des femmes non dépistées »,     ont conclu les auteurs.

           

Le diagnostic par test sanguin à l'essai

           

L'Institut de cancérologie de Lorraine (ICL) a annoncé le lancement         prochain des essais de phase clinique pour l'évaluation d'un test         sanguin pour le diagnostic des cancers liés aux HPV. Mis au point par         l'ILC, en partenariat avec l'Institut Curie, ce test biologique         s'appuie sur la détection de l'ADN viral circulant dans le sang par         séquençage à haut débit.
           
           L'étude sera menée sur des patients présentant un cancer         potentiellement associé à tous types d'HPV (cancers ORL ou de la sphère         ano-génitale). Les résultats, qui permettront de définir la sensibilité         et la spécificité du test, sont attendus pour 2017.
           
           Selon l’Inca, « il existe différents types de virus HPV. Treize d’entre         eux sont cancérigènes. Parmi eux, figurent l’HPV16 et l’HPV18, qui sont         impliqués dans 70% des cancers du col de l’utérus ».

           

 

* Isère, Martinique, Alsace (2 départements), Auvergne (4         départements), Cher, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, La Réunion et         Val-de-Marne

 

 

REFERENCE :

  1.    

    « Vers la généralisation du dépistage organisé du cancer du col de             l'utérus, BEH n° 2-3, 24 janvier 2017.

           

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