Monitoring de la cardiotoxicité des anticancéreux : de A à Z

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

27 janvier 2017

Dans cet article

Paris, France —Les patients cancéreux ont globalement amélioré leur pronostic à long terme en raison de l’optimisation des traitements et de la prévention primaire. Le souci est que les thérapies anti-cancéreuses induisent une toxicité pour les autres organes et notamment pour le cœur et les vaisseaux.

« Trente pour cent des patients cancéreux vont recevoir un médicament potentiellement cardiotoxique et 30 % des patients qui reçoivent un tel traitement vont développer des complications cardiovasculaires, selon leCancer Trends Progress Report 2011-2012 », a expliqué le Dr Diana Mohty (CHU du Dupuytren, Limoges) au cours d’une session consacrée la cardiotoxicité des anticancéreux lors des Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie (JESFC) [1].

 
Trente pour cent des patients cancéreux vont recevoir un médicament potentiellement cardiotoxique -- Dr Diana Mohty
 

Comment repérer la cardiotoxicité au plus tôt ?

Pour repérer la cardiotoxicité associée en particulier aux anthracyclines et aux thérapies ciblées, il est possible de rechercher directement les symptômes.

« Cependant, il faut s’en méfier car les patients cancéreux, souvent âgés, ont une grande capacité d’adaptation à leur dyspnée. Ils ne se plaignent pas », a indiqué le Dr Mohty. Il faut donc utiliser d’autres examens pour détecter les symptômes infra cliniques comme les tests de marche, les biomarqueurs, l’échographie, l’imagerie nucléaire et pourquoi par l’IRM.

L’ensemble des recommandations préconisent d’associer la mesure de la troponine à l’échographie.

L’échographie est l’examen de référence, qu’elle soit 2D, 3D ou strain global longitudinal (GLS : déformation longitudinale du myocarde). Toutefois, le GLS semble mesurer la fonction et la contractilité myocardiques (% de déformabilité) avec le plus de fiabilité. Un GLS <10 à 20% (15 % pour l’ESC [2]) est l’indication précoce d’une altération de la fraction d’éjection. Reste que l’échographie a des limites. Elle est dépendante de l’expertise des opérateurs et de la qualité des images. En outre, elle est difficilement reproductible.

Pour cette raison, l’ensemble des recommandations et des feuilles de route éditées par les sociétés savantes d’oncologie et de cardiologie à ce jour préconisent d’associer la mesure de la troponine à l’échographie.

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