La cardiologie ambulatoire dans la vraie vie : atouts et limites

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

19 janvier 2017

Paris, France-- Cette année, le fil conducteur des Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie (JESFC) était « La cardiologie ambulatoire ». Ce thème transversal a permis de faire le point sur la prise en charge du patient à l’hôpital depuis le diagnostic jusqu’au traitement ambulatoire en passant par les progrès de différentes techniques interventionnelles (le défibrillateur sans sonde, la chirurgie mitrale mini-invasive vidéo-assistée, la mini-thoracotomie, ou le mitraclip, tout juste remboursé…).

Pr Martine Gilard

A cette occasion, l’édition française de Medscape a demandé au Pr Martine Gilard (Vice-Présidente de la Société Française de Cardiologie, CHU de Brest) de faire le point sur l’avancée de la cardiologie ambulatoire en France.

Medscape: D’après l’AP-HP, en 2011, la chirurgie ambulatoire en France représentait 39,5 % des interventions, contre 90 % dans les pays anglo-saxons. Pourquoi un tel écart ? Devons-nous viser les mêmes objectifs ?

Pr M. Gilard : En France, nous avons été un peu plus longs mais nous sommes en train d'essayer de simplifier et de rationaliser à la fois la technique et la prise en charge.

En pratique, il faut tendre à rendre nos pratiques hospitalières publiques ou privées plus courtes et plus rationnelles pour raccourcir les séjours hospitaliers. Parfois, les patients restent à l’hôpital pour des raisons non médicales. Il nous est arrivé de garder des patients deux à trois jours après un TAVI parce qu’ils n’avaient pas eu accès à l’échographie cardiaque. Ce type de situation doit disparaitre.

 
Aujourd’hui, la cardiologie ambulatoire est une priorité. Elle correspond à une évolution de la société et à une volonté des patients.
 

Il faut également réfléchir à un remboursement adapté parce qu’il ne faut pas que certains établissements pensent qu’en faisant de l’ambulatoire ils vont perdre des activités. Enfin, il faut continuer à développer des moyens techniques comme la télémédecine.

Aujourd’hui, la cardiologie ambulatoire est une priorité. Elle correspond à une évolution de la société et à une volonté des patients. En revanche, est-ce qu'il faut que tout soit fait en ambulatoire ? Je n’en suis pas si sure. Il faut probablement trouver un juste milieu.

Pour quels types de gestes peut-on développer l’ambulatoire en priorité ?

On peut tendre au maximum vers de l'ambulatoire sur des petits gestes. Par exemple, dans mon domaine d'expertise qui est la cardiologie interventionnelle avec l'amélioration des techniques, notamment des stents ou des traitements antiagrégants, il est rarissime qu'un problème se produise le lendemain d'une intervention. On peut donc concevoir une angioplastie en ambulatoire dans la majorité des cas.

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