Pic d’infarctus mortels de Noël : les conditions climatiques hors de cause

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

5 janvier 2017

Aukland, Nouvelle-Zélande — Une surmortalité cardiovasculaire durant la période des fêtes de fin d’année, avait déjà été déjà signalée dans l’hémisphère Nord. Elle vient d’être confirmée par une équipe néo-zélandaise dans l’hémisphère Sud. Elle n’est donc pas liée à un effet climatique, comme la recrudescence des infections ou l’augmentation de la pollution aux microparticules, due au chauffage.

« Ce résultat obtenu dans l’hémisphère Sud, dont la saisonnalité est inversée par rapport à celle des régions observées précédemment, confirme l’absence de corrélation apparente entre l’excès de mortalité durant les vacances de Noël, et la température et la saisonnalité », écrivent les auteurs dans le Journal de l’American Heart Association [1].

Hypothèse formulée dans l’hémisphère Nord, confirmée dans l’hémisphère Sud

Une surmortalité durant les vacances de fin d’année avait déjà été signalée en 2004 aux Etats-Unis, à partir de données couvrant la période 1973-2000 [2]. En substance, du 25 décembre au 7 janvier, la mortalité cardiovasculaire augmente de 4,65% par rapport au reste de l’année, et la mortalité non CV, de près de 5%.

Parmi toutes les hypothèses envisageables, les auteurs privilégiaient le retard dans le recours aux soins urgents et/ou dans la prise en charge médicale durant cette période.

En 2008, l’Association des Médecins Urgentistes de France (Amuf) révélait que dans la nuit du 27 au 28 décembre, une équipe du Samu avait tenté 6 heures durant de trouver un service de coronarographie dans 27 hôpitaux d'Ile-de-France. Le patient est décédé alors qu'il arrivait enfin à l'hôpital Lariboisière, à Paris.
Interrogé par Medscape France , le secrétaire général de l'Amuf, Bruno Fagganielli, soulignait que de nombreux lits de réanimation avaient été fermés pendant la période des fêtes, faute de personnel, «puisque les hôpitaux n'ont plus les moyens de prendre des remplaçants» pour pallier l'absence des médecins et soignants en congé.

Ils reconnaissaient toutefois aussi qu’il était difficile d’exclure des effets tels que celui de la température sur l’HTA et le vasospasme coronarien, ou celui de la saison sur les infections broncho-pulmonaires.

 
Du 25 décembre au 7 janvier, la mortalité cardiovasculaire augmente de 4,65% par rapport au reste de l’année, et la mortalité non CV, de près de 5%.
 

L’étude néo-zélandaise est une réponse à ces interrogations : en belle saison aussi, une surmortalité CV entache la fin d’année.

L’analyse porte cette fois sur les quelques 200 000 décès CV recensés en Nouvelle-Zélande entre 1988 et 2013. Les auteurs soulignent que leur méthodologie est analogue à celle utilisée dans le travail américain de 2004.

Et le résultat va dans le même sens puisqu’une augmentation de la mortalité CV en dehors d’un centre médical de 4,2% (IC95%[0,7-7,7%]) est observée. Entre le 27 décembre et le 7 janvier, cette surmortalité monte à 4,5%, et devient significative ([1,1-7,9%]). En valeur absolue, l’excès représente environ 4 décès par an, à l’échelle de la Nouvelle-Zélande (4,5 M d’habitants).

Enfin, l’âge moyen des personnes décédées durant cette période est de 76,8 ans, contre 77,1 ans pour le reste de l’année.

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