Syndrome de déficit en testostérone : un diagnostic délicat à établir

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

5 janvier 2017

Paris, France -- Près de 10 différentes spécialités pharmaceutiques permettent de lutter contre le déficit androgénique – modification hormonale qui peut conduire à une baisse de la libido chez l’homme. Mais cette approche purement médicamenteuse n’est souvent pas suffisante pour prendre un charge un trouble dont on reconnaît une composante psychologique et physiologique. Une session du congrès de l’Association française d’urologie AFU 2016 a permis de faire le point sur le diagnostic et le traitement du syndrome de déficit en testostérone (SDT) [1].

Quelle composante psycho-affective ?

« Face à une baisse du désir sexuel, la composante psycho-affective modulatrice et inhibitrice doit être prise en compte avant même d’effectuer un bilan biologique.

Chez nombre d’hommes en effet le désir sexuel spontané (en réponse à des stimuli intrinsèques affectifs, fantasmatiques ou cognitifs) et le désir sexuel réactif (en lien avec une excitation physique ou psychique extérieure) peuvent être affectés par l’humeur, des difficultés interpersonnelles ou une relation problématique avec le ou la partenaire sans qu’il s’agisse pour autant de troubles mentaux à proprement parler », analyse le Dr Antoine Faix (Montpellier).

Quelle valeur pour le seuil de 2,3 ng/mL ?

Ce n’est qu’après avoir écarté les possibles origines psychologiques qu’un bilan pourra être proposé pour caractériser un éventuel déficit en testostérone. Cette pathologie peut être d’origine testiculaire ou hypothalamo-hypophysaire et sa symptomatologie varie selon l’intensité du déficit, bien qu’aucun seuil de proportionnalité n’ait pu être établi.

En effet, au seuil communément défini de 2,3 ng/mL (8 mmol/L) pour le syndrome de déficit en testostérone (SDT) la moitié des hommes ne présente pas de symptômes : il est probable qu’ils aient un degré de désir sexuel réactif plus fort.

« Cette particularité fait qu’il est difficile de définir précisément le SDT et ce d’autant plus que les signes sont variables avec l’âge et des comorbidités associées. En 2008, un définition commune a pourtant été proposée : elle associe un syndrome clinique à un déficit biologique » explique le Dr Eric Huyghe (Toulouse). « Certains signes sexuels doivent faire évoquer une hypoandrogénie : baisse de l’activité sexuelle, diminution de l’activité fantasmatique, fonction érectile médiocre, disparition des érections nocturnes et matinales spontanées, diminution du plaisir, éjaculation jugée insuffisante en qualité et en volume. Devant un tableau de ce type, une détermination de la testostérone sérique est nécessaire, le dosage devant être effectué entre 7 h et 11 h du matin et être répété au moins 2 fois. Il est parfois nécessaire d’y associer un dosage de la prolactine, de la TSH et de la glycémie. Bien qu’il n’y ait pas de normes absolues dans ce domaine, un traitement substitutif peut être proposé chez les hommes dont la testostéronémie est inférieure à 2,3 ng/mL soit 8 mmol/L ».

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