POINT DE VUE

2016 : quoi de neuf en diabétologie et nutrition ?

Dr Boris Hansel

Auteurs et déclarations

2 janvier 2017

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Le blog du Dr Boris Hansel - Diabétologue et  nutritionniste

2016 : quoi de neuf ?  En diabétologie, le Dr Hansel retient les résultats encourageants des analogues  du GLP-1 dans les études LEADER et SUSTAIN-6 [1,2].

Ces essais ont évalué  respectivement le liraglutide (Victoza®), déjà commercialisé en France, et  administré à raison d’une injection quotidienne, et le semaglutide, non encore  commercialisé, administré à raison d’une injection hebdomadaire. Ces deux  molécules se sont montrées capables de réduire les évènements cardiovasculaires  majeurs chez les diabétiques de type 2.

« Il existe cependant des  zones d’ombre », souligne le Dr Hansel.

A côté de LEADER et SUSTAIN-6,  on se préoccupe pour commencer de l’étude LIVE , menée chez des patients insuffisants cardiaques  dont seulement un tiers étaient diabétiques [3]. Non seulement les résultats  sont décevants, puisque le liraglutide, testé contre placebo, n’a pas amélioré  la fraction d’éjection VG, comme on l’espérait. Mais ils font apparaitre un  signal de sécurité dans cette catégorie de patients, sous la forme d’une  augmentation de la fréquence cardiaque, ainsi qu’une augmentation de la  fréquence des évènements majeurs, liée notamment à une augmentation des  troubles du rythme dans le groupe liraglutide.

« Dans LEADER et  SUSTAIN-6, aucun des deux agonistes GLP-1 n’a augmenté le risque d’insuffisance  cardiaque, ni les troubles du rythme », précise le Dr Hansel. « En  pratique, il est logique d’éviter la prescription de ces médicaments à des  sujets insuffisants cardiaques. Mais chez les diabétiques de type 2 qui  présentent une fonction cardiaque normale, on peut espérer réduire le risque  cardiovasculaire ».

Autre zone d’ombre : un  éventuel effet des agonistes  GLP-1 sur  la rétine. « L’incidence des rétinopathies semble augmenter sous  liraglutide et sous semaglutide », indique le Dr Hansel.  « L’hypothèse des experts est que l’introduction de l’agoniste GLP-1 a pu  aggraver des rétinopathies préexistantes en améliorant trop rapidement  l’équilibre glycémique. On sait en effet depuis longtemps qu’en cas de  rétinopathie évoluée, une baisse rapide de la glycémie risque d’aggraver la  rétinopathie. Et c’est ce phénomène qui a pu se passer, sur des rétinopathies  non dépistées lors de l’inclusion des patients ».

Enfin, dernière  inquiétude : le risque de cancer du pancréas semble augmenter sous  agoniste GLP-1. « Nous avons cependant un rapport récent de l’ANSM qui est vraiment rassurant, puisqu’il conclut à un probable biais de  rétro-causalité ».

Les agonistes GLP-1 ne seraient  pas en cause dans la survenue de cancers du pancréas, mais le cancer du  pancréas, qui est une cause de déséquilibre du diabète, aurait conduit à une  prescription plus fréquente d’agoniste GLP-1 chez des diabétiques porteurs d’un  cancer non encore diagnostiqué.

« En 2016, les agonistes  GLP-1 sont dans la situation de l’empagliflozine en 2015 », conclut le Dr  Hansel. « Ces molécules semblent particulièrement pertinentes, et il est  probable qu’elles deviendront des traitements de choix du diabète de type 2,  notamment pour prévenir les maladies cardiovasculaires. Mais il faudra que les  autorités de santé définissent rapidement quelles sont les sous-populations  chez qui il faut les prescrire ».

S’agissant de la nutrition, le  Dr Hansel n’a « pas le sentiment d’avoir vu passer en 2016 des nouveautés  susceptibles de changer les pratiques ». Une information, pourtant,  trouvée « un peu par hasard », retient l’attention : 2016 était  « l’année internationale des légumineuse ».  

L’information peut faire  sourire ; c’est pourtant la 68ème assemblée générale des Nations  Unies qui a décidé de consacrer les légumineuses, pour sensibiliser l’opinion  publique à leurs avantages nutritionnels, aussi bien dans les populations surnutries  et obèses que dans les populations souffrant de malnutrition.

La culture des légumineuses  présente en outre des avantages pour la fertilité des sols (enrichissement de  la terre en azote), et contre le réchauffement climatique.

« Si vous ne l’avez pas  fait en 2016, pensez à promouvoir les légumineuses auprès de vos patients.  Voilà au moins, dans le domaine de la nutrition, une idée qui ne fait pas trop  débat au sein de la communauté scientifique ».

 

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