Sur le long terme, AINS et paracétamol entraîneraient une perte d’audition

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

29 décembre 2016

Boston, Etats-Unis— Une étude américaine suggère que la consommation à long terme d’AINS et de paracétamol pourrait être délétère pour l’ouïe de la femme [1].

Ce lien entre les analgésiques les plus couramment utilisés et la perte de l’audition avait déjà été observé chez les hommes mais, selon les chercheurs, il s’agit d’une première chez la femme. En revanche, contrairement à ce qui a été observé de longue date chez leurs homologues masculins, l’aspirine ne semble pas associée à une telle perte.

L'effet est peu important, mais « étant donné la forte prévalence de l'utilisation des analgésiques, même une faible augmentation du risque peut avoir des répercussions importantes en termes de santé publique », a commenté le Dr Brian Min-Hann Lin (Brigham and Women's Hospital, Boston, Etats-Unis).

Etant donné la forte prévalence de l'utilisation des analgésiques, même une faible augmentation du risque peut avoir des répercussions importantes en termes de santé publique -- Dr Brian Min-Hann Lin

« S'il existe bien une relation de causalité, cela suggère qu'une part substantielle de la perte auditive associée à l'utilisation des analgésiques peut potentiellement être prévenue », ajoutent-ils.

Les résultats sont publiés dans l'American Journal of Epidemiology du 14 décembre [1].

Une perte auditive modérée

L’analyse prospective a été menée à partir des données de 55 580 femmes de 44 à 69 ans (âge moyen 54 ans) participant à la Nurses’s Health Study (NHS). La consommation d’antalgiques a été évaluée tous les deux ans à partir de 1990. Et, en 2012, les femmes ont été interrogées sur leur éventuelle perte auditive.

Les femmes ont été suivies jusqu’à l’apparition d’une perte auditive ou la survenue d’un cancer. Les résultats ont été ajustés en fonction de l’âge, de l’ethnie, de la consommation d’alcool, du tabagisme, de l’IMC, du régime, du potassium, du magnésium, de l’activité physique, du diabète, de l’hypertension, des acouphènes et de l’utilisation d’autres analgésiques.

Les femmes qui avaient commencé à perdre l’audition avant 1990 et celles qui avaient un antécédent de chimiothérapie (sauf pour les cancers de la peau autres que mélanomes) ont été exclues de l’étude.

Globalement, il ressort de l’analyse des chercheurs que l’utilisation prolongée d’AINS et de paracétamol augmente modérément la perte auditive chez les femmes.

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