Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

28 décembre 2016

Paris, France — Avec l'arrivée de nouvelles molécules, l'arsenal thérapeutique à disposition contre le mélanome avancé s'est considérablement amélioré. Comment choisir entre immunothérapie et thérapie ciblée? Le point avec le Pr Nicolas Meyer (CHU de Bordeaux), qui est intervenu lors des Journées Dermatologiques de Paris 2016 [1].

Malgré les efforts de prévention, « l'incidence du mélanome cutané continue de croitre », a rappelé le dermatologue. En 2015, 14 300 nouveaux cas de mélanomes cutanés ont été diagnostiqués en France. « Les dermatologues sont tous potentiellement amenés à recevoir en consultation, au moins un patient par an, atteint d'un stade avancé. »

Jusqu'à 70% de survie à trois ans

Auparavant considéré comme un cancer de très mauvais pronostic, le mélanome métastatique a fait l'objet d'une révolution thérapeutique. « Avant 2010, les traitements, limités à des chimiothérapies, étaient inefficaces. La survie médiane ne dépassait pas les huit mois », souligne le Pr Meyer.

 
Les dermatologues sont tous potentiellement amenés à recevoir en consultation, au moins un patient par an, atteint d'un stade avancé.
 

L'arrivée de nouvelles molécules a changé la donne. Tout d'abord, les immunothérapies, avec le développement d'anticorps inhibiteur de CTLA4, puis de PD-1, pour « redonner une capacité d'activation aux lymphocytes antitumoraux ». Sont également apparus des inhibiteurs de kinases BRAF et MEK, des protéines impliquées dans la division cellulaire.

Le taux de survie varie selon les profils. « Avec moins de trois sites métastatiques et un taux de lactase désydrogénase (LDH), [un marqueur pronostique dans le mélanome métastatique] à un niveau normal, la survie à trois ans est de 70%. Avec un LDH deux fois supérieur à la normale, la survie à trois ans chute à 7% ».

Immunothérapie en adjuvant: la survie améliorée

Quelle prise en charge envisager face un mélanome avancé? Si les examens révèlent une ou quelques métastases, le traitement chirurgical est encore possible, rappelle le Pr Meyer. « Le contrôle local ou régional de la métastase par chirurgie est d'autant plus d'actualité que l'utilisation de l'immunothérapie en thérapie adjuvante donne de très bons résultats, en terme de survie, après résection ».

Les derniers résultats de l'étude de phase III, EORTC 18071[2], a en effet montré une prolongation de la survie de 24% à cinq ans, avec l'administration de l'anticorps anti-CTLA4 ipilimumab (Yervoy®, Bristol-Myers Squibb), après une résection chirurgicale chez des patients atteints de mélanome de stade 3. Le traitement s’est toutefois accompagné d'effets indésirables notables (manifestations gastro-intestinales, atteintes endocrines).

« Il y a également beaucoup d'espoir avec l'utilisation d'anticorps dirigés contre le récepteur de la PD-1, y compris après résection de métastases viscérales. » Le nivolumab (Opdivo®, BMS) et le pembrolizumab (Keytruda®, Merck), deux anticorps anti-PD1, sont actuellement testés comme adjuvant.

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