Hypertension : pourquoi l’étude SPRINT ne fera pas changer les pratiques

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

21 décembre 2016

Le protocole prévoyait que l’expérimentateur installe le patient dans une salle au calme, programme l’appareil pour réaliser automatiquement les 3 mesures prévues après que le patient se soit reposé 5 minutes, puis revienne dans la pièce seulement une fois les mesures effectuées.

Une vraie première, donc, dont on ne sait d’ailleurs même pas jusqu’où elle a bien été mise en œuvre. Certaines contradictions dans les déclarations des auteurs de SPRINT suggèrent en effet que dans un certain nombre de cas au moins, des expérimentateurs seraient revenus dans la pièce juste avant la mesure, faisant selon toute vraisemblance remonter la PA.

Des chiffres proches de ceux de l’automesure tensionnelle
On ne sait donc pas vraiment ce qui s’est passé dans l’étude. Ce que l’on sait en revanche, parce que cela a été vérifié après la publication de SPRINT, c’est que la mesure automatisée après 5 minutes de repos isolé dans une pièce, donne des résultats inférieurs d’environ 10% à ceux de la mesure classique au cabinet  (131 / 78 vs. 147 / 86 mm Hg) [2].  Des chiffres qui se rapprochent de ceux de l’automesure tensionnelle.

« Le seuil de 140 / 90 mm Hg passe à 125 / 82 mm Hg » a résumé le Pr Kjeldsen. « Donc de toutes façons, 10-20 / 5-10 mm Hg doivent être ajoutés aux valeurs mesurées dans SPRINT ».

SPRINT ne serait pas une remise en question mais bien une confirmation des chiffres admis pour l’HTA.

En d’autres termes, SPRINT ne serait pas une remise en question mais bien une confirmation des chiffres admis pour l’HTA.

Et selon l’analyse que fait le Pr Kjeldsen des données de l’étude, il vaudrait mieux, effectivement, ne pas chercher à descendre trop bas.

Des écarts inférieurs au nombre de perdus de vue

Plusieurs résultats sont en effet un peu douteux dans SPRINT. Certes, le taux d’évènements a été moindre dans le groupe traitement intensif. Mais pour le critère primaire, la différence entre groupes a été de 76 patients, dont 38 pour la seule insuffisance cardiaque. Pour la mortalité, la différence entre groupe est de 55 patients, dont 28 décès CV.

Ces écarts sont significatifs. Ils n’en sont pas moins numériquement très inférieurs au nombre de perdus de vue dans l’étude (111/4678 dans le groupe intensif et 134/4683 dans le groupe standard). « Il ne devrait pas y avoir de perdus de vue ; on devrait savoir si ces patients sont morts ou vivants », estime le Pr Kjeldsen,

Par ailleurs, la mortalité est assez peu spécifique, et dans une étude menée en ouvert, une attention plus soutenue au groupe intensif n’est pas exclue.

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