FA à bas risque : une étude questionne la validité de l’indication d’une anticoagulation

Isabelle Catala, avec Patrice Wendling

Auteurs et déclarations

19 décembre 2016

Boston, Etats-Unis --L’analyse de cohortes de patients traités pour fibrillation auriculaire (FA) tend à prouver qu’il n’y a pas de bénéfice – en termes de prévention des AVC – à prescrire des anticoagulants oraux en cas de score CHAD-VASC 1 et 2. Une conclusion qui ne va pas dans le sens des recommandations.

Une méta-analyse menée sur 34 études et publiée dans Circulation montre en effet que l’incidence en vie réelle des accidents cérébraux dans ces deux populations à faible risque n’atteint pas les valeurs admises jusqu’à présent et que, dans ces conditions, la prescription d’anticoagulants oraux est plus dangereuse que bénéfique [1].

 
Pour que les anticoagulants apportent un bénéfice clinique net aux patients il faudrait que la valeur seuil du risque d’AVC annuel soit comprise entre 1 et 2 %.
 

Une grande variabilité du taux d’incidence des AVC selon les études

L’analyse menée par l’équipe du Dr Daniel Singer (Boston, Etats-Unis) a permis de préciser l’incidence des AVC chez des patients nouvellement diagnostiqués de fibrillation auriculaire. Ce travail a regroupé deux types d’études : des essais contrôlés randomisés (5 études dont la population globale représentait 1 % des patients-années), et des études de cohorte prospectives et rétrospectives. 25 cohortes de population ont été individualisées : 7 en Amérique du Nord, 8 en Europe, 8 en Asie, 2 au Moyen Orient. Au total, 543 853 patients représentant 1 219 141 patients-années ont été pris en compte.

La taille des cohortes était variable allant de 130 à 186 570 patients.

Pour que les anticoagulants apportent un bénéfice clinique net aux patients il faudrait que la valeur seuil du risque d’AVC annuel soit comprise entre 1 et 2 %, selon des modélisations mathématiques.

Or, l’incidence annuelle des accidents ischémique des différentes cohortes analysées allait de 0,45 % (Women’s Health Initiative) à 9,38 % (cohorte Hong Kong).

Les auteurs se sont penchés sur les différences en fonction de l’origine des cohortes.

En Amérique du Nord, le risque annuel d’AVC s’établissait à 1,30 % contre 4,14 % en Europe.

Mais à l’intérieur même de l’Europe, certaines variations étaient notées :

risque annuel de 0,78 % pour les patients CHAD-VASC 1 au Danemark contre 0,2 % en Suède. Par ailleurs, une nette différence a été notée entre les études prospectives et rétrospectives (1,2 % contre 3,8 %).

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