Hypnotique dans l’Alzheimer : la Cochrane alerte sur l’absence d’essais cliniques

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

13 décembre 2016

Oxford, Royaume-Uni —Alors que les hypnotiques sont couramment utilisés pour traiter les troubles du sommeil associés à la démence, une méta-analyse de la Cochrane révèle qu’ils n’ont jamais été évalués correctement dans cette indication [1].

« Nous n’avons trouvé aucun essai randomisé contrôlé sur les nombreux médicaments qui sont couramment prescrits contre les troubles du sommeil dans la démence, notamment les hypnotiques benzodiazépines et non-benzodiazépines, bien qu'il existe une incertitude considérable sur le rapport bénéfices-risques de ces traitements », indiquent les auteurs, Jenny McCleery, Daniel A. Cohen et Ann L. Sharpley (Radcliffe Department of Medicine, Oxford University, Royaume-Uni).

 
Nous n’avons trouvé aucun essai randomisé contrôlé sur les nombreux médicaments qui sont couramment prescrits contre les troubles du sommeil dans la démence— Les auteurs
 

Selon le groupe de travail de la Cochrane, rien ne prouve que ces traitements puissent être efficaces chez les patients atteints de démence. « Puisque la source des troubles du sommeil est peut-être due aux changements cérébraux induits par la démence, il n’est pas évident que ces hypnotiques classiques soient efficaces chez ces patients. De plus, il y a des inquiétudes sur le fait que ces médicaments induisent de effets secondaires significatifs », expliquent-ils.

Malheureusement, la conclusion de la Cochrane reprend mot pour mot celle qu’elle avait énoncé il y a deux ans et demi dans sa première méta-analyse sur le sujet. Entre temps, aucun nouvel essai contrôlé randomisé n’a été publié sur le sujet et les hypnotiques continuent à être prescrits aux patients souffrant de démence…

Des essais avec des produits non autorisés en France…

En tout, jusqu’à mars 2016, les chercheurs ont pu identifier 6 essais randomisés contrôlés évaluant l’efficacité de médicaments contre les troubles du sommeil chez des patients atteints de démence.

Quatre concernaient la mélatonine (222 patients, seulement deux fournissaient des données appropriées pour la méta-analyse),

Un concernait l’antidépresseur sédatif trazodone (qui n’est pas commercialisé en France) sur 30 patients et le dernier, le mélatonino-mimétique direct ramelteon (pas d’AMM européenne en raison d’une balance bénéfice/risque défavorable) sur 74 patients, essai de phase 2, sponsorisé.

Dans toutes les études, les participants présentaient une variété de troubles du sommeil classique. Tous les principaux critères de jugement sur le sommeil étaient mesurés par actigraphie (enregistrement d'activité au poignet). Parmi l’ensemble des études, seules deux ont évalué systématiquement les effets secondaires.

Les participants aux essais avec la trazodone et presque tous ceux des essais sur la mélatonine souffraient d’une maladie d’Alzheimer modérée à sévère. En revanche, ceux de l’essai sur le ramelteon souffaient d’une maladie d’Alzheimer légère à modérée.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....