Les IPP seraient associés à un sur-risque d’AVC

Vincent Bargoin, avec Sue Hugues

Auteurs et déclarations

7 décembre 2016

Nouvelle-Orléans, Etats-Unis – Les résultats d’une large étude de cohorte rétrospective danoise présentés lors du     congrès de l’American Heart Association (AHA) 2016 , montrent un     risque d’AVC ischémique accru sous IPP [1]. Quatre molécules ont été examinés : l’oméprazole, le pantoprazole, le lansoprazole, l’ésoméprazole. Aux doses     maximales de traitement, c’est sous pantoprazole que le risque serait le plus élevé. Le travail danois montre par ailleurs une relation dose-effet des IPP.

En revanche, il ne retrouve aucun effet des anti-H2.

Ce n’est pas la première fois que les IPP sont mis en cause sur le plan cardiovasculaire (voir encadré). Face à une étude observationnelle, qui montre des     associations mais n’en prouve pas la causalité, il faut cependant rester prudent.

Risque cardiovasculaire des IPP
Pour …

           Les études précliniques ont montré une réduction de la production d’oxyde nitrique par les IPP.

           Cliniquement, le travail danois est le premier à associer IPP et AVC. Mais l’an dernier, les        IPP ont été associés à un sur-risque de 15-20% d’infarctus du myocarde (et non les         anti-H2). Les auteurs de l’étude mettaient en cause la production de NO, et une altération de l’endothélium vasculaire par les IPP.

           Les IPP ont par ailleurs été mis en cause dans un certain nombre d’affections, notammentle risque infectieux à l’hôpital,les démences, et l        es fractures de hanche.

… et contre

           Les résultats précliniques sur l’oxyde nitrique et la dysfonction endothéliale, ont été approfondis dans la cadre d’une        étude pilote, menée sur 11 volontaires sains et 10 sujets à risque CV, exposés à un IPP ou à         un placebo durant deux périodes de 4 semaines, avec cross-over intermédiaire. Les mesures portant sur des surrogates marqueurs, n’ont rien montré de         significatif (la tendance est toutefois en défaveur de l’IPP).

           Par ailleurs, sur le plan clinique, une méta-analyse italo-américaine publiée l’an dernier         et concernant des patients sous clopidogrel, constatait un excès d’évènements CV parmi les sujets prenant aussi un IPP, mais cet excès disparaissait         après ajustements par score de propensité. La question posée dans cette étude n’est toutefois pas celle d’un impact CV direct des IPP dans une         population non à risque CV, comme dans l’étude danoise, mais celle d’un impact indirect dans une population à risque CV et co-traitée par clopidogrel         et IPP. Les IPP sont en effet connus pour interagir avec le cytochrome P450 2C19, par lequel l’antiplaquettaire est métabolisé.

           Au total, si les arguments en faveur d’un impact CV délétère des IPP présentent des limites, les contre-arguments, eux, sont franchement faibles.

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