Algodystrophie : la rééducation sous hypnose donne de bons résultats

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

30 novembre 2016

Efficacité importante sur la douleur et la raideur sans effet secondaire notable

Au final, après 5,4 séances de KHM, l’EVA diurne a diminué de 4 points en moyenne (6,2 à 2,2, p<0,001), l’EVA nocturne de 2,7 points (3 à 0,3, p<0,001) et le PWRE-douleur de 4,1 points (6,9 à 2,8, p<0,001). En outre, la consommation d’antalgique se limitait au paracétamol à la demande. La raideur a été significativement améliorée (doigts longs : TAM avant = 142° et après =217°). Les amplitudes articulaires du poignet et des doigts longs ont été significativement augmentées (Quick-DASH moyen a diminué de 34 points et le PWRE-fonction de 3,8 points), la force de pince a été augmentée de 34 points (p=0,016) et celle de poigne de 10 points (p<0,01).

Quatre-vingt pour cent des patients en arrêt de travail ont pu reprendre leur travail au même poste. Aucun effet secondaire lié à la technique n’a été retrouvé mis à part 8 cas de fatigue après les séances, 2 cas de vertiges légers immédiatement après la séance et 14 cas de détente profonde/anxiolyse. Tous les patients se sont dits satisfaits ou très satisfaits de la prise en charge. Aucune rechute à distance n’a été constatée.

La technique KHM qui pourrait être utilisée dans d’autres pathologies

Le Dr Lebon a souligné que plus la technique KHM était réalisée tôt, plus vite les patients récupéraient : « pour un syndrome qui est difficile à traiter, avec parfois un diagnostic retardé de 1 à 2 mois, une à deux séances peuvent suffire à régler le problème», a-t-elle précisé.

 
Pour un syndrome qui est difficile à traiter, avec parfois un diagnostic retardé de 1 à 2 mois, une à deux séances peuvent suffire à régler le problème – Dr Lebon
 

Elle a ajouté que l’équipe utilisait aussi cette technique pour les membres inférieurs, pour la capsulite rétractile et qu’ils obtenaient les mêmes résultats. Ce qui suggère que la technique peut être utilisée dans d’autres pathologies.

Elle a également mentionné que les centres qui pratiquaient l’hypnose sans associer la kinésithérapie n’obtenaient pas des résultats aussi « extraordinaires ».

Selon le Dr Lebon et coll., ces bons résultats sont probablement dus à la suggestion sous hypnose qui diminuerait l’activité cérébrale des zones stimulées au cours des soins douloureux, et possiblement à la mise en activité virtuelle du membre pathologique et à la libération des émotions. Tous ces éléments auraient permis une meilleure progression en rééducation.

Concernant les limites, le Dr Lebon a mentionné la petite taille de l’effectif et l’absence de groupe comparatif. Ces résultats restent donc à confirmer dans de plus vastes études.

 

Le Dr Julie Lebon n’a pas de liens d’intérêt en rapport avec le sujet.

 

REFERENCES :

  1. Rééducation sous hypnose - une solution pour le syndrome douloureux régional complexe de type 1 touchant la main et le poignet Julie Lebon (Toulouse, France), Pierre Mansat, Fanny Elia, Vadim Azoulay, Stéphanie Delclaux, Costel Apredoaei, Michel Rongières. Communications particulières Main/Poignet. SOFCOT. Mardi 8 novembre 2016.

  2. Apport de l’hypnose dans le traitement de la douleur. Dr Chantal Wood, Hôpital Robert Debré.

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