Palmarès de la iatrogénie des médicaments

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

28 novembre 2016

Dans cet article

Après 65 ans : le problème des anticoagulants

Tout comme en 2004-2005, trois classes médicamenteuses étaient en cause dans 60 % des passages aux urgences chez les plus de 64 ans : les anticoagulants, les antidiabétiques et les analgésiques opioïdes.

Globalement, chez les plus âgés, 15 principes actifs étaient impliqués dans 68,5 % des cas. Parmi eux, 4 étaient des anticoagulants (warfarine, rivaroxaban, dabigatran et enoxaparine) et 5 des antidiabétiques (insuline, metformine, glipizide, glibenclamide et glimepiride).

Les anticoagulants étaient impliqués dans :

-27,5 % des passages aux urgences entre 65 -79 ans,

-38,8 % des cas après 79 ans.

Les chercheurs notent que la part de visites aux urgences pour EI impliquant des anticoagulants a augmenté au cours de la dernière décennie.

Ils précisent que de 2009 à 2014, l’utilisation des anticoagulants oraux a augmenté d’approximativement 38 % [4] alors que les passages aux urgences liés aux anticoagulants ont augmenté de 57 % sur la même période.

La warfarine était en cause dans 85,7 % des passages aux urgences liés aux anticoagulants chez les plus de 64 ans et les anticoagulants oraux (apixaban, dabigatran et rivaroxaban) dans 12 % des cas.

Chez ces patients âgés, le taux d’hospitalisations lié aux anticoagulants oraux était de 55,7 %, proche du taux de 49,8 % de la warfarine (différence non significative).

Le rivaroxaban et le dabigatran sont désormais respectivement les 5ème et 10ème médicaments les plus fréquemment impliqués dans les passages aux urgences liés aux effets secondaires chez les personnes âgées –Les auteurs

« Les nouveaux anticoagulants oraux sont vendus comme des alternatives plus sûres que la warfarine. Toutefois, ces agents sont de plus en plus impliqués dans les passages aux urgences liés aux anticoagulants, en particulier chez les personnes âgée (≥ 65 ans) », indiquent les auteurs.

« Le rivaroxaban et le dabigatran sont désormais respectivement les 5ème et 10ème médicaments les plus fréquemment impliqués dans les passages aux urgences liés aux effets secondaires chez les personnes âgées », précisent-ils.

Dans un éditorial accompagnant l’article, les Drs Kessler, Ward et McNaughton appellent à s’affranchir de la « dilution » des responsabilités afin de limiter les effets secondaires des médicaments.

« Les urgentistes peuvent jouer un rôle important dans l’identification, la prise en charge et la prévention des effets secondaires en étroite collaboration avec leurs collègues généralistes, spécialistes et pharmaciens », indiquent-ils.

L’étude a été financée par le gouvernement américain. Les auteurs et éditorialistes n’ont pas de liens d’intérêts en rapport avec le sujet.

REFERENCES:

1.Nadine Shehab, PharmD, MPH; et coll. Emergency Department Visits for Outpatient Adverse Drug Events JAMA. 2016;316(20):2115-2125. doi:10.1001/jama.2016.16392

2.Schumock GT, Li EC, Suda KJ, et al. National trends in prescription drug expenditures and projections for 2015. Am J Health Syst Pharm. 2015;72(9):717-736.

3.Olfson M, Blanco C, Liu SM, et al. National trends in the office-based treatment of children, adolescents, and adults with antipsychotics. Arch Gen Psychiatry. 2012;69(12):1247-1256.

4.Barnes GD, Lucas E, Alexander GC, Goldberger ZD. National trends in ambulatory oral anticoagulant use. Am J Med. 2015;128(12):1300-5.e2.

5. Kessler C, Ward MJ, McNaughton CD. Reducing Adverse Drug EventsThe Need to Rethink Outpatient Prescribing. JAMA. 2016;316(20):2092-2093. doi:10.1001/jama.2016.16392

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