Prévention primaire par statines : nouvelles recommandations aux US

Aude Lecrubier, Veronica Hackethal

Auteurs et déclarations

21 novembre 2016

Dans cet article

Dans une série d’éditoriaux accompagnant la publication des recommandations de l’USPSTF, plusieurs experts débattent des nouvelles recommandations. Tous     soulignent l’absence gênante de données en prévention primaire et exposent des points de vus différents sur la place que devraient occuper les statines     chez les patients sans antécédents cardiovasculaires.

Pour les Drs Philip Greenland et Robert Bonow (Northwestern University Feinberg School of Medicine,     Chicago, Etats-Unis), l’absence de données exhaustives en prévention primaire est responsable d’interprétations multiples et donc de recommandations     différentes, ce qui est source de confusion pour les praticiens [4].

Les éditorialistes précisent qu’il existe aujourd’hui 5 principaux textes de recommandations sur les statines émanant de l’ACC/AHA, de la     société cardiovasculaire canadienne (CCS), de la société européenne de cardiologie/Société européenne d’athérosclérose (ESC/EAS) et du NICE britannique et     maintenant de l’USPSTF.

Or « tous diffèrent sur les cibles de LDL cholestérol et les seuils à partir desquels il faut initier un traitement ! »

Dans un autre éditorial, les Drs Rita Redberg (University of California San Francisco Etats-Unis) et Mitchell Katz     (Department of Health Services, Los Angeles, Etats-Unis et éditeur au JAMA) jugent ce manque de données sur l’utilisation des statines en prévention     primaire particulièrement problématique [5].

« Le niveau de preuves concernant l’utilisation de statines chez les personnes asymptomatiques ne mérite pas l’attribution de recommandations des grades B,     ni même C », indiquent-ils.

Le niveau de preuves concernant l’utilisation de statines chez les personnes asymptomatiques ne mérite pas l’attribution de recommandations des grades B,     ni même C -- Drs Rita Redberg et Mitchell Katz

Dans un autre éditorial, les Drs Anne Marie Navar et Eric Peterson (Duke Clinical Research Institute, Durham, Etats-Unis)     indiquent que les données des essais cliniques offrent une bonne base de réflexion mais qu’ils ne peuvent pas représenter l’ensemble des patients, ni     évaluer toutes les questions et les décisions auxquelles doivent faire face les médecins dans leur pratique quotidienne [6].

Ils rappellent, comme l’USPSTF, que les personnes de plus de 75 ans sont sous-représentées dans les essais. Ils ajoutent qu’il est nécessaire de mieux     identifier les 40 et 75 ans qui peuvent le plus bénéficier d’une statine. « Devons-nous nous baser sur les facteurs de risques cardiovasculaire individuels     (HOPE-3), sur un biomarqueur inflammatoire (JUPITER), sur un score de risque composite, un seuil de cholestérol ou une association de tout cela ? »     s’interrogent les éditorialistes. Enfin, ils indiquent que « d’autres travaux sont nécessaires pour comprendre les bénéfices et les risques cumulatifs     d’une thérapie par statines à long terme chez les adultes de moins de 40 ans. »

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