Greffe de rein : l’AFU publie un état de l’art à destination des transplanteurs urologues

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

18 novembre 2016

Paris, France — Alors que dans la majorité des pays, la greffe de rein est réalisée par des médecins transplanteurs, cette pratique est exercée en France par les urologues. Cette chirurgie non programmée est parfois perçue comme « le parent pauvre de l’urologie », estime l'un des auteurs, le Pr Marc-Olivier Timsit (HEGP, Paris).

A l’ occasion du 110ème congrès de l'Association française d'urologie (AFU), la société savante publie un rapport consacré à la transplantation rénale, vingt ans après la première rétrospective sur le sujet. L'objectif est à la fois de « susciter des vocations » et d'offrir un document de référence aux jeunes urologues.

« Ce rapport deviendra, par ailleurs, le prérequis indispensable au module "IRC-Transplantation rénale" de l'enseignement dispensé au sein de Collège d’urologie », précise l'AFU dans un dossier de presse.

« Parent pauvre de l’urologie »

La transplantation rénale fait d'autant plus partie intégrante de l'activité des urologues que l'insuffisance rénale chronique est en constante augmentation.

Intitulé « Progrès en urologie: les urologues et la transplantation rénale », le rapport se divise en deux parties. « La première aborde les nouveautés apparues ces vingt dernières années, dont les changements concernant les donneurs d'organe, les receveurs, mais aussi de l'immunologie ou les techniques chirurgicales », a précisé le Pr François Kleinclauss, co-auteur du rapport, lors d'une conférence de presse.

« La deuxième partie est axée sur la prise en charge des pathologies urologiques chez les patients transplantés ». En raison d'une amélioration de l'espérance de vie, « ces patients sont, en effet, plus susceptibles de présenter des pathologies urologiques, que les urologues, même non transplanteurs, sont amenés à prendre en charge ».

La transplantation rénale fait d'autant plus partie intégrante de l'activité des urologues que l'insuffisance rénale chronique est en constante augmentation. Or, comparativement à la dialyse, la greffe de rein offre une survie prolongée aux patients, ainsi qu'une une meilleure qualité de vie.

Une greffe en progression
En 2015, 16 579 patients en insuffisance rénale étaient en attente d'une transplantation rénale, soit une hausse de 6% en un an, selon le dernier bilan de l'Agence de la biomédecine. La liste d’attente a intégré 4 735 nouveaux candidats, avec une part des plus 65 ans de 21%.

Cette année-là, 3 486 patients ont pu bénéficier d'une greffe de rein. La transplantation rénale affiche ainsi une croissance de 7,8 %, par rapport à 2014, ce qui représente 254 greffes en plus. « Cette progression est plus importante que celles des 3 dernières années avec une progression de 17% en 5 ans », précise l’agence.

Le pool de donneur élargi

Pour faire face à la pénurie de greffon, plusieurs progrès ont été observés. Le Pr Kleinclauss cite tout d'abord l'augmentation du pool de donneur avec l'intégration des donneurs décédés par arrêt cardiaque, ainsi que l'élargissement des indications de prélèvement aux patients plus âgés ou présentant de comorbidités. « Désormais, un greffon sur deux provient d'un donneur à critères élargis ».

Cet élargissement a été rendu possible grâce aux progrès observés dans la conservation des organes, avec notamment le développement des machines à perfusion et des liquides de conservation. Sujet d'un chapitre du rapport, cette évolution a eu « un impact majeur sur la survie à long terme des greffons ».

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