Fractures des membres inférieurs de l’adolescent : 10 ans de progrès

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

22 novembre 2016

Dans cet article

Quelle prophylaxie anti-thrombotique ?

A partir des données de l’étude rétrospective, les chercheurs ont voulu savoir si la maladie thromboembolique était fréquente dans le contexte des fractures du membre inférieur chez l’adolescent.

Sur les 727 fractures de la série rétrospective (dont une majorité de fractures de jambe), 12 thromboses veineuses profondes (1,6 %) ont été observées sans influence apparente des types de fractures, des comorbidités associées, du délai ou de la durée de l’intervention et de l’âge. Il est intéressant de noter que 10 phlébites sur 12 sont survenues sous anticoagulants.

En pratique, les patients avec une fracture étaient beaucoup plus souvent traités par un anticoagulant lorsqu’ils étaient hospitalisés dans un service adulte, en cas de prise en charge chirurgicale et au-delà de 15 ans.

Il n’existe actuellement aucune recommandation publiée concernant la thromboprophylaxie de l’enfant ou de l’adolescent en traumatologie. Toutefois, quelques études de prévention chez l’enfant ont suggéré que l’efficacité des héparines de bas poids moléculaire était relative et mal démontrée dans cette population alors que ces molécules peuvent favoriser les saignements.

Nous avons proposé une méthode d’évaluation pondérée du risque de maladie thromboembolique veineuse -- Dr Benoit de Courtivon

Le groupe de travail dirigé par le Pr Yves Gruel (CHRU Tours) a proposé un protocole pour mieux cerner les indications de ce traitement.

« Nous avons proposé une méthode d’évaluation pondérée du risque de maladie thromboembolique veineuse en pédiatrie qui nous semble pouvoir être appliqué à l’adolescent avec un traumatisme des membres inférieurs », a souligné le Dr Benoit de Courtivon au nom du Pr Gruel.

Le score est en grande partie fondé sur l’interrogatoire avec recherche d’antécédents et de facteurs de risque.

Calcul du score de risque thromboembolique

Item

Points

Puberté avérée

2

Antécédent personnel de TVP

2

Immobilité post opératoire prolongée (> 3j)

2

Facteur biologique de risque élevé

2

Polyfracture ou polytraumatisme

2

Présence d’une voie veineuse centrale

2

Tabagisme actif

1

Obésité

1

Contraception par oestroprogestatifs

1

Si le score d’évaluation est inférieur à 4, seule une contention peut être proposée, si elle est applicable. En revanche, si le score est ≥ 4, une héparine de bas poids moléculaire est indiquée.

Chez l’adolescent, une seule injection par jour d’héparine de bas poids moléculaire est envisageable avec une adaptation en fonction du poids (<50 kg demi dose/j ; >50 kg : 1 dose/j).

« Cette proposition peut être discutée et ne dispense en rien d’une surveillance clinique attentive chez les personnes à risque », a conclu le Pr de Courtivon.

REFERENCE:

1. Symposium : Traumatologie des membres inférieurs de l’adolescent, Pierre Journeau (Nancy), Laurent Pidhorz (Le Mans). SOFCOT. Jeudi 10 novembre 2016

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