Fractures des membres inférieurs de l’adolescent : 10 ans de progrès

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

22 novembre 2016

Dans cet article

2014-2016 : des résultats moins bons

Autre changement observé au cours de ces deux dernières années, le nombre de réductions réalisées aux urgences a atteint deux tiers des cas contre à peine un tiers des cas dans la série rétrospective (2004 à 2014).

Enfin, étonnamment, les résultats semblent significativement moins bons depuis 2014.

On peut se poser la question de l’influence et de la qualité de la réduction des fractures diaphysaires de jambe de l’adolescent aux urgences -- Pr Stéphanie Pannier

La réduction de la fracture a été jugée anatomique dans près de 70 % des cas dans la série rétrospective (2004-2014) contre un peu plus de la moitié des cas dans la série prospective, plus récente. Le défaut de réduction concernait principalement les défauts d’axe et de translation.

« On peut se poser la question de l’influence et de la qualité de la réduction des fractures diaphysaires de jambe de l’adolescent aux urgences bien qu’aucune corrélation n’ait été retrouvée entre le type de réduction et le défaut post-réductionnel observé », a indiqué l’oratrice.

Conséquences de ces défauts de réduction, les déplacements secondaires étaient un peu plus importants dans la série prospective récente. En dépit du remodelage, il persistait 15 % de déplacements résiduels non corrigés.

« Cela souligne l’importance de la qualité de la réduction initiale qui doit être la plus anatomique possible et la nécessité de la reprise chirurgicale si un déplacement secondaire est constaté », a commenté le Pr Pierre Journeau (CHU Nancy).

Le chirurgien a également précisé que : « devant le nombre élevé de déplacements secondaires, une indication pour une ostéosynthèse rigide devrait être discutée et ce le plus précocement possible, en fonction des tranches d’âge ». « Pour s’aider, l’analyse de la zone 1 et 2 de la physe tibiale proximale, en cas de doute, doit être corrélée, à notre sens, à la réalisation d’un âge osseux au coude », a-t-il ajouté.

Fractures du tibia : comparaison des résultats des deux séries

Critère

Série prospective (2014-2016)

Série rétrospective (2004-2014)

Caractéristiques patients et traumatismes

   

Nombre de fractures

488

85

(recul minde 6 mois)

Prise en charge en milieu pédiatrique

59 % (41 % en service adulte)

50 %

Age moyen

14,8

15

Sexe

78 % de garçons

75 % de garçons

Obésité

0

 

Monofracturés

84 %

75 %

Monotraumatisés

93 %

75 %

Accidents à haute énergie cinétique

2/3

Importants

Accidents de la voie publique

40 %

58 % (80 % avec véhicules motorisés)

Accidents sportifs

60 % (sports de glisse + football = 64 %)

42 % (30 % football, 30 % sports de glisse)

Localisation diaphysaire

79 %

80 %

Traitement

   

Traitement orthopédique

39 % (réduction > 60 % des cas)

28 % (70 % AG + immobilisation)

Traitement chirurgical

61 % dont :

-60 % centromédullaire pour les prises en charge adulte

-23 % ECMES

-18 % fixateurs externes

-Autres…

72 % dont :

-50 % centromédullaire alésé avec un verrouillage statique

-29 % ECMES (Embrochage Centro Médullaire Elastique Stable)

-15 % fixateurs externes

-Autres…

Immobilisation plâtrée

-

40 % (28 % traitements orthopédiques + minorité de traitement chirurgical, plutôt en complément de l’ECMES

Prophylaxie antibiotique

-

72 % (plus fréquente par les orthopédistes adultes p=0,02 et âge ≥ 15 ans

Reprise appui moyenne

-

8 semaines mais un appui immédiat autorisé après un enclouage si montage jugé stable et réduction anatomique.

Résultats

   

Anatomique

53 %

69 %

Complications immédiates

25 %

31 %

Cutanées

7%

Les plus fréquentes

Fractures ouvertes

16 %

25 %

Vasculaires (ruptures ou compression artérielle ou nerveuse)

Plus rares

Plus rares

Complications secondaires

32 %

36 %

Osseuses

27 % (5 % défaut de réduction, 12 % déplacement secondaire, 7 % retard de consolidation et défaut d’axe)

Plus fréquentes :

-dans population prise en charge en milieu pédiatrique

-en cas association avec polytraumatisme

-en cas osthéosynthèse ECMES

-en cas traitement orthopédique

36 %

Cutanées

7 %

10,5 %

Syndrome de Loges, TVP

0 %

6,5 %

Reprises

16,5 % (plus de la moitié sous AG)

15 %

Complications tardives

Pas de recul suffisant

10 %

Osseuses

 

Un cas sur 6

Persistance de défaut de réduction

 

5,5 % (plus fréquents en cas d’ECMES)

Déplacements secondaires

 

15 % de déplacement résiduels non corrigés

Après :

-ECMES 28 %

-Traitement orthopédique 20 %

Infection site opératoire

 

Plus fréquente en cas d’absence d’antibiothérapie sur fracture ouverte

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