Fractures des membres inférieurs de l’adolescent : 10 ans de progrès

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

22 novembre 2016

Dans cet article

Paris, France — Lors du congrès de la SOFCOT 2016, un symposium a été consacré à la thématique de la traumatologie des membres inférieurs de l’adolescent [1].

A cette période charnière de l’adolescence, alors que la maturation osseuse varie énormément d’un individu à l’autre, la prise en charge doit être adaptée au cas par cas.

Pour aider les orthopédistes à opter pour le traitement le plus approprié, 10 centres français (6 pour enfants et 4 pour adultes) ont voulu réaliser une photographie de la traumatologie des membres inférieurs de l’adolescent en France, analyser la prise en charge des fractures dans les services de chirurgie pédiatrique et pour adultes, et proposer un guide de bonne pratique.

Pour cela, ils ont réalisé une étude rétrospective et une étude prospective.

L’étude prospective a porté sur les fractures de la diaphyse tibiale des adolescents, la fracture des membres inférieurs la plus fréquente. Les patients ont été inclus entre janvier 2014 et janvier 2016 avec un recul minimum de 6 mois.

L’étude rétrospective a inclus des patients entre le 1er janvier 2004 et le 1er janvier 2014. Elle a porté sur différents sites : diaphyse tibiale, calcanéum, fractures autour du genou métaphyso-épiphysaires, col du fémur.

Pour les deux types d’études, les âges d’inclusion allaient de 11 ans à 18 ans pour les filles et de 13 ans à 18 ans pour les garçons.

Pour chaque dossier, les chercheurs ont recueillis les données sur l’identité des patients, le traumatisme, les caractéristiques de la fracture, le traitement, les complications, et le bilan radiographique complet.

Au total, 812 fractures ont été analysées, 727 dans la série rétrospective et 85 dans la série prospective.

La comparaison des études rétrospectives et prospective sur les fractures du tibia montre une évolution des causes des traumatismes et de leur prise en charge entre la période de 2004-2014 et celle de 2014-2016.

Chirurgie pédiatrique ou adulte ?

Face au choix délicat entre une intervention calibrée pour l’enfant ou pour l’adulte, la première question abordée au cours du symposium a été celle de la définition exacte de l’âge de l’adolescent pour la chirurgie orthopédique.

Si la fermeture des physes (cartilage de croissance) semble répondre à la problématique, l’âge auquel elle survient est variable d’un individu à l’autre. Elle dépend de la localisation de la physe et de son potentiel de croissance.

« Il n’y a aucun consensus scientifique orthopédique concernant l’âge de l’adolescent […] Cela pose un problème certain pour les hôpitaux pédiatriques qui doivent prendre en charge des adolescents « adultes » sans matériel dédié avec, souvent, un bloc opératoire adulte géographiquement éloigné », a déploré le Pr Laurent Pidhorz, chirurgien orthopédique adulte (CH Le Mans).

La notion répandue que l’âge adulte débute à partir de 15 ans et 3 mois ne repose sur aucune réalité -- Pr Pierre Journeau

En pratique, « la notion répandue que l’âge adulte débute à partir de 15 ans et 3 mois ne repose sur aucune réalité. Il revient à chaque équipe ou institution de définir des règles souples et raisonnables pour ce qui est de l’admission dans les services de chirurgie enfant ou adulte. Il est indispensable de collaborer entre chirurgiens pédiatrique et adulte pour optimiser la prise en charge de ces patients en tenant compte des pathologies, des spécificités fracturaires, du gabarit du patient, du matériel nécessaire et des conditions locales, » a commenté le Pr Pierre Journeau, chirurgien orthopédique de l’enfant (CHU Nancy).

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