IC aiguë: l'ularitide améliore les symptômes mais pas la survie

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

18 novembre 2016

Nouvelle-Orléans, Etats-Unis — Chez des patients souffrant d'une insuffisance cardiaque aiguë, l'administration précoce du peptide natriurétique synthétique ularitide améliore les symptômes pendant la perfusion, mais n'augmente pas la survie à long terme, selon l'essai de phase III TRUE-AHF, dont les résultats ont été présentés lors du congrès de l’American Heart Association (AHA) 2016 [1].

 
Ces résultats nous amènent à modifier notre perception concernant l'insuffisance cardiaque -- Dr Milton Packer
 

C’est une nouvelle déception dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque aiguë. Si les patients ont pu obtenir une décongestion cardiaque et vasculaire en fin de perfusion, « le traitement n'a pas permis de réduire les lésions ou d'agir sur l’évolution de la maladie », a regretté le Dr Milton Packer (Baylor University Medical center, Dallas, Etats-Unis), principal auteur de l'étude, au cours d'une conférence de presse.

« Ces résultats nous amènent à modifier notre perception concernant l'insuffisance cardiaque », a-t-il ajouté. « On supposait qu'un traitement administré rapidement pendant 48 heures pouvait agir sur la progression de la maladie des mois, voire des années plus tard. C'est vrai pour le syndrome coronarien aigu, mais pas pour l'insuffisance cardiaque aiguë ».

L'urodilatine humaine recombinante ou ularitide est un analogue synthétique de l'urodilatine, un facteur natriurétique secrété par le rein, impliqué dans la régulation hydrosodée. Ce peptide synthétique ne diffère du facteur natriurétique naturel que par quatre acides aminés.

Plus de 2 000 patients inclus

En 2005, un essai clinique de phase II, baptisé SIRIUS II (Voir notre article Sirius II donne une caution favorable à l'ularitide dans l'insuffisance cardiaque aiguë), a été mené sur 220 patients présentant une insuffisance cardiaque aigue. Une perfusion d'ularitide avait alors été associée à une amélioration des fonctions respiratoire et cardiaque. La dyspnée avait notamment été améliorée à court terme.

Pour cette étude de phase II, la période d'observation était de trois jours. Trois doses d'ularitide à 7,5, 15 et 30 ng/kg/min en perfusion de 24 heures avaient été comparées à un placebo. La dose de 15 ng/kg/min s'est alors montrée tout aussi efficace que celle à 30 ng/kg/min, mais avec moins d'hypotension.

Décongestion vasculaire à 48 heures

Dans l'essai TRUE-AHF (Trial of Ularitide Efficacy and safety in Acute Heart Failure), 2 157 patients en insuffisance cardiaque aiguë ont été inclus. Ils ont été randomisés pour recevoir, dans les 12 heures qui ont suivi le diagnostic de décompensation cardiaque, soit 15 ng/kg/min d'ularitide, soit un placebo, en perfusion de 48 heures. Le traitement s'ajoutait à une prise en charge standard.

Pour être inclus, les patients devaient notamment souffrir d'une dyspnée au repos, persistante malgré l'administration en intraveineuse de furosémide à une dose ≥ 40 mg. La pression systolique devait également être comprise entre 116 et 180 mm Hg.

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