Fracture du col du fémur : le retard de prise en charge est mortel

Aude Lecrubier, Alicia Ault

Auteurs et déclarations

18 novembre 2016

Chicago, Etats-Unis — Plus la prise en charge chirurgicale d’une fracture du col du fémur tarde, plus la mortalité à 1 an augmente, d’après les résultats d’une étude rétrospective présentée lors du congrès annuel de l’American Society of Anesthesiology [1]. Chaque tranche de 10 heures supplémentaires entre l’admission et l’intervention est associée à une augmentation de la mortalité à un an de 5 %, selon le Dr Kamal Maheshwari (anesthésiste, Cleveland Clinic, Etats-Unis), orateur et auteur principal de l’étude.

Pour l’anesthésiste, les patients doivent donc être transférés au bloc aussi vite que possible. « Les fractures du col devraient être traitées comme une urgence, de la même façon qu’un infarctus du myocarde ou un AVC », explique-t-il.

Il a rappelé que la fracture du col du fémur est fréquente et que 30 % des patients qui en sont victimes décèdent dans l’année qui suit, avec ou sans chirurgie.

Les fractures du col devraient être traitées comme une urgence, de la même façon qu’un infarctus du myocarde ou un AVC -- Dr Kamal Maheshwari

Intervenir le plus tôt possible

Ces nouvelles données vont dans le sens des résultats d’études et de méta-analyses publiées auparavant qui ont montré qu’au-delà de 48 h, les taux de mortalité à un mois et à un an augmentaient très significativement.

Les recommandations de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons ou de la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatique (SOFCOT) recommandent d’ailleurs un délai maximal de 48 heures pour réaliser cette chirurgie.

La clé n’est pas l’intervalle de temps, mais de réaliser l’intervention le plus précocement possible -- Dr Maheshwari

Cependant, tenir ce délai est souvent difficilement réalisable pour des raisons logistiques et à cause de l’état clinique du patient, notamment. En France, en 2010, le Dr Jacques Boddaert et coll. estimaient que 47-60% des patients étaient opérés après 48h, une proportion proche de celle observée au Royaume-Uni (49%) [2,3].

Pour le Dr Maheshwari, avoir un intervalle de temps est probablement trop normatif étant donné les nombreuses variables qui entrent en jeu. « La clé n’est pas l’intervalle de temps, mais de réaliser l’intervention le plus précocement possible. »

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