Diabète de type 2 : les patients sont-ils mieux soignés avec les nouveaux traitements ?

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

26 octobre 2016

New Haven, Etats-Unis – De 2006 à 2013, de nouvelles classes d’antidiabétiques sont apparues, supposées plus efficaces. Pourtant, le contrôle glycémique n’a pas progressé, et aurait même plutôt régressé parmi les diabétiques de type 2 américains, tandis que l’incidence des hypoglycémies est restée pratiquement constante. Ces résultats, publiés dans Diabetes Care sont à rapporter à une autre considération : le coût, puisque les nouvelles classes d’antidiabétiques alourdissent les dépenses de santé [1].

« Le panorama des hypoglycémiants utilisables dans le traitement du DT2 s’est profondément modifié ces deux dernières décennies », rappellent les auteurs. « De 2006 à 2013, l’utilisation de nouveaux agents hypoglycémiants, comme les inhibiteurs de DPP-4 ou les nouveaux analogues d’insuline, a considérablement augmenté parmi les diabétiques disposant d’une assurance privée. L’utilisation de classes plus anciennes, comme les sulfonylurées et les thiazolidinediones a décru ».

 
Ces observations soulèvent la question de la justification des déplacements de prescriptions vers les nouvelles classes, plus coûteuses.
 

« Durant cette période, le contrôle glycémique du DT2 ne s’est pas amélioré dans la population générale [des diabétiques], et reste médiocre chez près d’un quart des jeunes patients. Les taux d’hypoglycémies sévères restent inchangés, les patients âgés, ou présentant des comorbidités multiples demeurant les plus à risque. Ces observations soulèvent la question de la justification des déplacements de prescriptions vers les nouvelles classes, plus coûteuses ».

S’agissant des coûts, les auteurs citent une autre étude économique montrant qu’entre 1987 et 2011, le coût de prise en charge d’un patient DT2 a doublé aux Etats-Unis, et que plus de la moitié de cette augmentation est due aux médicaments prescrits [2].

Plus d’un million et demi de patients

L’analyse porte sur 1,66 million de diabétiques adultes, disposant d’une assurance de santé privée (prenant en charge les médicaments), ou pris en charge par le Medicare. Ces sujets présentaient au moins un an de DT2 dans la base de données OLDW (qui couvre une large proportion d’assurés privés et Medicare sur l’ensemble des Etats-Unis).

En pratique, 34% des patients inclus présentaient un an de diabète, 25%, deux ans, et 41%, trois ans.

Pour chaque année, les proportions de patients traités par chaque classe d’hypoglycémiant ont été relevées. Ces proportions ont été standardisées selon l’âge et le sexe.

 
Entre 1987 et 2011, le coût de prise en charge d’un patient DT2 a doublé aux Etats-Unis.
 

Pour chaque année toujours, les patients ont été répartis en quatre catégories, selon les taux de contrôle glycémique : HbA1c < 6 ; 6 à < 7 ; 7 à < 8 ; 8 à < 9 et > 9%. Ces chiffres ont été standardisés selon l’âge, le sexe, l’origine ethnique et la région de résidence.

On note que les données sur l’HbA1c n’étaient disponibles que pour un sous-groupe de patients, représentant 25,6% de l’ensemble. Elles ont été extrapolées à la population de 1,66 millions de patients.

Enfin, parmi les patients traités par au moins un hypoglycémiant, les épisodes d’hypoglycémies sévères, nécessitant une visite aux urgences, une admission à l’hôpital ou une période d’observation, ont été recensés (et standardisés sur l’âge et le sexe).

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