Phyto-œstrogènes à la ménopause : bénéfiques ou néfastes ?

Vincent Richeux, Miriam Tucker

Auteurs et déclarations

26 octobre 2016

Wageningen, Pays-Bas — Les phytoestrogènes (ou phyto-œstrogènes) ont-ils un intérêt en prévention des troubles de la ménopause? Selon une analyse de la littérature [1], les données restent insuffisantes pour se prononcer sur ces produits présentés comme une alternative au traitement hormonal substitutif. Et des doutes persistent sur leur innocuité, en raison de leur potentielle activité estrogénique.

 
« il n'est pas possible de se prononcer de manière définitive sur leurs bienfaits » Les auteurs.
 

 « Les données actuelles concernant les effets bénéfiques des phytoestrogènes ne permettent pas de contrebalancer clairement les risques éventuels sur la santé », ont commenté les auteurs. Par conséquent, « il n'est pas possible de se prononcer de manière définitive sur leurs bienfaits ».

En raison d'une méfiance croissante envers le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS), la prise de phytoestrogènes, à travers l'alimentation ou sous forme de complément alimentaire, apparait pour certaines femmes comme une alternative moins risquée et plus naturelle.

Isoflavones et lignanes

D'origine végétale, les phytoestrogènes ont une structure moléculaire proche de l'estradiol. Ils regroupent une vingtaine de molécules, majoritairement dans la famille des isoflavones, très présentes dans les légumineuses, en particulier dans le soja. On en trouve en quantité plus faible dans les pommes, les oignons, le thé noir ou encore le vin.

Les lignanes, une autre famille de puissants phytoestrogènes, sont contenus principalement dans les graines de lin ou de trèfle rouge. Ces plantes entrent également dans la composition de certains compléments alimentaires destinés à soulager les troubles de la ménopause.

« Plusieurs effets bénéfiques sur la santé ont été associés aux phytoestrogènes, notamment en prévention des troubles de la ménopause, comme les bouffées de chaleur ou l'ostéoporose, mais aussi pour réduire le risque cardiovasculaire, l’obésité, le diabète de type 2, les troubles cognitifs et le risque de cancer du sein », énumèrent les chercheurs.

Des résultats contradictoires

Cependant, les résultats des études s'avèrent contradictoires, précisent-ils. Et, si l'activité estrogénique de ces molécules peut être à l'origine de certains bénéfices, elle peut aussi présenter un risque pour la santé, au même titre que les estrogènes féminins ou tout autre perturbateur endocrinien.

 
Plusieurs effets bénéfiques sur la santé ont été associés aux phytoestrogènes, cependant, les résultats des études s'avèrent contradictoires
 

Dans cette analyse de la littérature, le Dr Ivonne Rietjens et ses collègues du département de toxicologie de l'université de Wageningen, aux Pays-Bas Pays-Bas, ont passé en revue les différentes études ayant porté sur ces phytoestrogènes, après avoir décrit les différentes molécules présentes dans l’alimentation humaine ou sous forme de supplémentation.

En ce qui concerne les troubles de la ménopause, plusieurs méta-analyses ont rapporté des effets variables sur la fréquence et l'intensité des bouffées de chaleur, ainsi que sur le maintien de la densité osseuse, indiquent les auteurs.

Ils rappellent que l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a estimé, dans un avis publié en 2012, que les éléments scientifiques disponibles ne permettent pas d'affirmer que les isoflavones provenant du soja contribuent à soulager les symptômes vasomoteurs, liés à la ménopause, ou à conserver une densité osseuse.

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