Le sport, un médicament (pas) comme les autres pour le cancer

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

19 octobre 2016

Paris, France – Parce qu’elle améliore la qualité de vie, renforce le mental, diminue la fatigue, le risque de rechute et entraine une amélioration de la survie la pratique sportive apparait comme un allié majeur de la prise en charge des personnes touchées par un cancer. « Un véritable médicament » pour reprendre les mots du Pr Thierry Bouillet, oncologue, (CHU Avicenne, Bobigny) et co-fondateur avec Jean-Marc Descotes (professeur de karaté-do) de la CAMI Sport & Cancer, structure référente et innovante de l’accompagnement physique et sportif en cancérologie [1].

Pour autant, considérer l’activité physique comme un soin à part entière n’est pas encore rentré dans les mœurs. C’est pourquoi la CAMI Sport & Cancer a lancé une enquête auprès des patients et des soignants pour connaitre les conditions d’accès à l’Activité physique et sportive en cancérologie (APSC) et les freins à sa pratique.

Cet état des lieux constitue une première étape dans la volonté des deux co-fondateurs de faire reconnaitre l’intérêt de l’APSC… et de convaincre les acteurs de santé publique de la prendre en charge.

L’activité physique en cancérologie : des bénéfices multiples et démontrés

Depuis le milieu des années 2000, de nombreuses études ont démontré les bienfaits physiques, psychologiques et sur la survie, d’une activité physique respectant des critères d’intensité, de durée, de fréquence et de formation spécifique des encadrants. L’activité physique a ainsi été reconnue comme une thérapeutique non médicamenteuse par la Haute Autorité de Santé . En cancérologie, l’activité physique adaptée agit positivement sur :

Fatigue : plusieurs études ont montré que l'activité physique diminuait de 23 % en moyenne la fatigue, qu'elle soit pratiquée pendant ou après les traitements, et ce, quel que soit le stade du cancer [2].

Effets secondaires : en fabriquant de nouvelles fibres musculaires, l'activité physique et/ou sportive compense la sarcopénie (fonte musculaire) induite par le cancer et ses traitements, et permet de maintenir la masse musculaire, ce qui a pour effet de lutter contre la toxicité des traitements anticancéreux [3].

Récidive : une méta-analyse réunissant 6 grandes cohortes montre qu'une femme atteinte d'un cancer du sein localisé a un risque de mortalité réduit de 34 % si elle pratique régulièrement une activité physique soutenue [4].

Rechute : la pratique d'une activité physique après le diagnostic d'un cancer réduit le risque de rechute, notamment de 24 % chez les femmes atteintes d'un cancer du sein (par rapport aux patientes moins actives) [2].

Stress : l'activité sportive pratiquée avec plaisir améliore l'état psychologique des patients atteints d'un cancer. C'est aussi une excellente opportunité pour rompre avec l'isolement que le cancer engendre parfois, et redécouvrir l'importance des liens sociaux.

3 patients sur 4 pratiquent une activité physique malgré leur cancer

Avec le soutien du laboratoire Amgen, la CAMI a mené une enquête, baptisée PODIUM (Première enquête nati Onale sur les recommandations et les Déterminants psychosociologiques et physIques de la pratique de l’activité physiqUe en oncologie et en héMatologie), auprès de 1 544 patients pris en charge en cancérologie en établissements de soins et de 894 professionnels de santé.

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