Deux nouvelles fermetures de services d’urgences en octobre

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

27 octobre 2016

  • Recentrage sur la fonction d’urgentiste-réanimateur

La fonction des urgentistes a dévié avec le temps pour certains représentants des premières générations des années 1990. A cette époque, en effet, la formation d’urgentiste – rudimentaire pour le moins – passait principalement par un compagnonnage en SMUR et des stages en réanimation. La séniorisation des internes a été lente à se mettre en place.

D’ailleurs, les premiers postes de praticiens hospitaliers ont été disponibles en SMUR bien avant les Services d’Accueil des Urgences (SAU).

La formation des urgentistes s’est professionnalisée dans les années 2000 et paradoxalement leur rôle est devenu moins réanimatoire, plus tout terrain, capable de passer des « camions » aux services d’urgences. Et au sein des SAU, les urgentistes ont eu de plus en plus pour fonction de pallier au déficit de soins primaires en ville. Bref, une partie du rôle des urgentistes s’est rapproché de celui des médecins généralistes dans la prise en charge de la « bobologie »

Le programme du DES d’Urgence affiche une volonté de revenir aux fondamentaux réanimation-SMUR afin que les urgentistes gardent une fonction très spécialisée de prise en charge de patients graves.

De plus en plus de SAU proposent à des médecins généralistes de s’occuper des filières courtes et ultracourtes.
  • Partage des tâches avec les médecins généralistes

Les urgentistes coûtent plus cher que les généralistes hospitaliers. Si c’est pour faire de la « bobologie », pourquoi avoir créé une spécialité de médecine d’urgence ?

Rappelons le contexte des 15 dernières années dans les SAU de France : devant l’augmentation des flux dans toutes les urgences, des filières ont été individualisées : longues pour les patients devant être hospitalisés, courtes pour les personnes qui nécessitent au moins un examen complémentaire (la petite traumatologie par exemple) et ultracourtes pour les consultations simples. Ces trois filières pouvent être gérées dans leur répartition par un médecin d’accueil et d’orientation.

De plus en plus de SAU proposent à des médecins généralistes de s’occuper des filières courtes et ultracourtes pour les patients qui s’adressent aux urgences au lieu de consulter un généraliste. A cela deux raisons : la pénurie d’urgentistes, et la rémunération mois importante des généralistes.

Créer des SAU dotés de quelques urgentistes au tri, au déchoquage et à la filière longue pourrait permettre de résoudre à moindre coût – et du moins pour un temps – les problèmes récurrents d’effectifs.

Une problématique similaire en gériatrie

La situation en gériatrie est assez proche de celle des urgences. En 2017, pour la première fois cette spécialité ne sera accessible qu’avec un Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES). Et pour les gériatres, les effectifs d’internes proposés ne sont pas ceux qui étaient attendus.

Là aussi, l’idée de faire des gériatres des coordonnateurs d'équipes composées de généralistes plus ou moins spécialisés et présents sur le terrain a été proposée.

Y aura-t-il des aménagements de nombre de postes suite à l’alerte lancée par les internes des Syndicats des internes des hôpitaux de Paris (SIHP) et de médecine générale (SRP-IMG) ? L’avenir le dira.

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