Dr Manuel Rodrigues

Auteurs et déclarations

25 octobre 2016

Le blog du Dr Manuel Rodrigues – Oncologue

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Parmi de nombreuses présentations « extrêmement importantes »  au congrès de l’ European Society of Medical Oncology (ESMO 2016) le Dr Rodrigues a sélectionné deux publications, montrant pour la première fois l’efficacité de traitements adjuvants dans des indications où l’on n’en disposait pas jusqu’à présent : le mélanome cutané et le cancer du rein [1,2].

« Le mélanome cutané se traite habituellement par une chirurgie de la tumeur, et éventuellement des ganglions », rappelle le Dr Rodrigues. « Jusqu’à présent, on ne disposait pas de traitement médical adjuvant, contrairement au cancer du sein ou du côlon ».

L’essai présenté à l’ESMO 2016 a été mené avec l’ipilimumab (Yervoy®, BMS), un anticorps anti-CTLA-4. Il s’agit d’une thérapeutique « que l’on utilise depuis quelques années dans la phase métastatique ».

A priori, l’ipilimumab est « un choix critiquable », note le Dr Rodrigues. En phase métastatique, « c’est un médicament qui a un efficacité pour une minorité de patients, environ 10%. Mais c’est une efficacité prolongée : il existe des réponses de plusieurs années ».  

En outre, l’ipilimumab présente une forte toxicité auto-immune. On observe ainsi des colites sévères, des problèmes endocriniens, comme des hypophysites, ou encore des cytolyses.

Pourtant, en adjuvant, le traitement a donné des résultats « spectaculaires ».

A 5 ans, 70% des patients du groupe placebo avaient rechuté, contre 60% dans le groupe traité. Cette différence absolue de 10% est une différence « absolument majeure », souligne le Dr Rodrigues.

« Et, plus important encore, l’écart est identique pour la survie globale » : 45% de décès à 5 ans dans le groupe placebo, contre 35% avec l’ipilimumab, soit une différence relative de l’ordre de 25%.

« Ces résultats vont probablement changer complètement le paradigme du traitement adjuvant dans le mélanome cutané », estime le Dr Rodrigues.

Attention à la toxicité, cependant. Le traitement a été administré durant 3 ans : « c’est long ». Résultat : 1% de décès directement liés à l’ipilimumab, 6% de réactions auto-immunes de grade IV, c’est-à-dire mettant en jeu le pronostic vital, et 36% de réactions de grade III, nécessitant une hospitalisation ou une prise en charge médicale.

Cette toxicité est donc « significative », même si 10% des patients sont sauvés par l’ipilimumab.

Le sunitinib dans le cancer du rein

Autre essai clinique intéressant : le sunitinib (Sutent®, Pfizer) un anti-angiogénique, inhibiteur de tyrosine kinase. Ici encore, la molécule qui vient d’être testée en adjuvant dans le carcinome rénal à haut risque de rechute, est « l’un des traitement de référence en phase métastatique ».

Après un an de traitement, la médiane de survie sans rechute est de 5,6 ans sous placebo, et de 6,8 ans sous sunitinib.

« Le résultat est intéressant, quoique moins important que celui obtenu avec l’ipilimumab dans le mélanome cutané », commente le Dr Rodrigues. Il n’existe en effet pas, actuellement, de différence de survie globale entre les deux groupes.

Le résultat sur la survie sans rechute va néanmoins permettre de « se poser de nouvelles questions en adjuvant dans le rein, en recherchant un éventuel bénéfice de survie globale ».

 

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