Cancer du poumon : l’anti-PD-1 pembrolizumab s’impose en 1ère ligne

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

13 octobre 2016

Copenhague, Danemark -- L’immunothérapie anti-PD-1 pembrolizumab (Keytruda®, Merck&Co) a prouvé son efficacité en première ligne du traitement des cancers du poumon non à petites cellules dans deux études présentées à l’occasion du congrès de l’European Society for Medical Oncology ESMO 2016.

La première – KEYNOTE-021 – conclut à un meilleur taux de réponse avec l’association chimiothérapie+pembrolizumab par rapport à l’utilisation de la chimiothérapie seule (différence de 26 % dans le taux de réponses). Les données intégrales de ce travail présenté en session présidentielle par le Dr Corey Langer (Philadelphie, Etats-Unis) ont été publiées dans la revue Lancet Oncology [1].

Le deuxième essai – l’étude KEYNOTE-024 – conclut à un risque de progression ou de décès abaissé de 50 % chez les patients traités par pembrolizumab par rapport à ceux pris en charge par chimiothérapie à base de platine. Les résultats de ce travail sont consultables dans le New England Journal of Medicine [2].

Le pembrolizumab est un anticorps monoclonal humanisé anti-PD-1 qui est approuvé aux Etats-Unis dans le traitement de différents cancers : tête et cou, mélanome avancé et cancer du poumon non à petites cellules. Dans cette dernière indication, il est indiqué dans le traitement de deuxième intention après une première ligne de chimiothérapie, et seulement en cas de surexpression de PD-L1.
En France, il bénéficie d’une ATU dans le mélanome, mais pas encore dans le cancer du poumon.

Chimiothérapie + pembrolizumab font mieux que la chimiothérapie seule

L’étude KEYNOTE-021 de phase 2 a testé l’ajout de pembrolizumab (200 mg toutes les deux semaines) à une chimiothérapie par carboplatine et pemetrexed (Alimta®, Lilly) en première ligne de traitement chez 123 patients.

Les résultats à 10,6 mois présentés par le Dr Corey Langer (Philadelphie, Etats-Unis) sont impressionnants : taux de réponse de 55 % pour l’association contre 29 % pour la chimiothérapie seule (différence de 26 %), survie sans progression majorée (13 mois contre 8,9).

A 10,6 mois, 47 % des patients recevaient encore le traitement combiné, contre 32 % pour la chimiothérapie et plus de la moitié des patients qui étaient sous cytotoxiques seuls, recevaient du pembrolizumab en raison de l’absence d’effet du traitement (cross over autorisé).

Les auteurs ont choisi de ne pas sélectionner les patients en fonction de leur expression de PD-L1 et le traitement a été efficace dans tous les groupes. Néanmoins, lorsque les tumeurs exprimaient à plus de 50 % le biomarqueur, l’immunothérapie était particulièrement efficace (80 % de réponses).

Le pembrolizumab seul fait mieux que la chimiothérapie en première ligne

L’étude KEYNOTE-024 est une étude de phase III qui a comparé l’impact du pembrolizumab et d’une chimiothérapie à base de sels de platine en première ligne de traitement sur 305 patients atteints de cancer du poumon NAPC dont plus de 50 % des cellules exprimaient le biomarqueur PD-L1.

Après un suivi moyen de 11,2 mois, la survie sans progression s’est établie à 10,3 mois pour le bras immunothérapie contre 6 mois chez les comparateurs. Le risque combiné de progression et de décès était abaissé de moitié. Le taux de réponse était plus élevé avec le pembrolizumab : 43 % contre 28 %. Enfin, la survie globale a été améliorée : à 6 mois 80 % contre 72 % et à 12 mois 70 % contre 54 %.

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