Découverte d’un diabète 2 : faut-il rechercher un cancer du pancréas et comment?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

17 octobre 2016

Il ressort de leur analyse, que la sensibilité et la spécificité du CA 19-9 mesuré seul étaient respectivement de 85 % et de 73 %. En revanche, avec l’association CA 19-9, microARN-196 et micro-ARN-200, la sensibilité et la spécificité augmentaient respectivement à 95 % et à 77%.

« Il semble que le test combiné améliore la sensibilité et la spécificité et que les microARNs fournissent des informations supplémentaires par rapport au CA 19-9 seul », a commenté le Dr Škrha.

En parallèle, le test combiné permettait d’identifier plus de cancers à des stades précoces (1 et 2) que la mesure du CA 19-9 seule.

Quand les 77 patients atteints de cancers du pancréas ont été évalués en fonction du stade du cancer, seuls 6 avaient un stade précoce. Tous les six ont été identifiés grâce au test combiné versus seulement 2 avec le CA 19-9 seul.

Les Etats-Unis estiment qu’en 2030, le cancer du pancréas sera le second cancer le plus mortel.

Interrogée sur ces résultats par Medscape édition internationale, Ellena Badrick (Farr Institute of Health Informatics, Université de Manchester, RU), qui a déjà publié sur ce sujet, souligne « qu’à ce stade, les résultats ne doivent pas être surinterprétés. »

Elle souligne que « pour déterminer si les biomarqueurs sont prédictifs du risque de cancer du pancréas chez les patients nouvellement diagnostiqués avec un diabète de type 2, le groupe contrôle devrait comporter des patients avec un diabète récent mais sans cancer du pancréas, ce qui n’est pas le cas dans cette petite étude. »

Pour sa part, le Pr William Phelps (Directeur des programmes de l’American Cancer Society) a souligné que le trio de biomarqueurs semblait intéressant. Il a toutefois fait remarquer que l’intervalle de confiance était large et qu’il faudrait un plus grand nombre de patients pour confirmer ces résultats.

Vers un dépistage ciblé du cancer du pancréas ?

Interrogé sur l’intérêt d’un dépistage systématique du cancer du pancréas chez les personnes récemment diagnostiquées avec un diabète, le Dr Škrha a indiqué que cette solution lui paraissait aujourd’hui peu réaliste en raison du grand nombre de diabétiques et du faible nombre de cancers du pancréas.

En revanche, il a souligné que le cancer du pancréas devenait un problème de plus en plus important « Les Etats-Unis, par exemple, estiment qu’en 2030, le cancer du pancréas sera le second cancer le plus mortel.»

Si la combinaison de biomarqueurs était validée, elle serait moins couteuse et plus rapide que d’autres méthodes diagnostiques-- Dr Škrha

Pour le moment, il suggère donc de pratiquer un dépistage ciblé chez certains patients en prédiabète ou avec un diabète récent lorsqu’ils présentent des facteurs de risque de cancer du pancréas.

Par exemple, « si le patient est mince et diabétique, qu’il a maigri rapidement, qu’il a des symptômes gastro-intestinaux ou qu’il a besoin d’une intensification rapide de son traitement antidiabétique », explique le chercheur.

« Si la combinaison de biomarqueurs était validée, elle serait moins couteuse et plus rapide que d’autres méthodes diagnostiques comme le scanner », selon le Dr Škrha.

Pour la suite, le Dr Škrha souhaite valider la valeur pronostique du trio de biomarqueurs dans une étude prospective de plus grande taille chez des patients avec un diabète récent.

Les Drs Škrha, Phelps et Mme Badrick n’ont pas déclaré de liens d’intérêts en rapport ave le sujet.

REFERENCES

European Association for the Study of Diabetes (EASD) 2016 Annual Meeting . Résumé 572. 15 septembre 2016.

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