Quand les médecins risquent la fourrière après une visite à domicile…

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

7 octobre 2016

Paris, France — « Nous avions droit jusqu’à présent à une certaine tolérance, mais maintenant c’est fini, et de manière brutale », se désole le Dr Yannick Frezet, de la CSMF Jeunes médecins, qui a publié mi-septembre un communiqué pour dénoncer les stationnements payants dans les grandes villes.

Payer pour stationner

« À l’heure où de nombreuses municipalités s’inquiètent du manque de médecins libéraux et du vieillissement de la population, une épidémie de mesures voulant réglementer le stationnement des médecins apparait », regrette ce syndicat. Car depuis près d’un demi-siècle, rappelle la CSMF, la mise en exposition du Caducée dans le véhicule du professionnel de santé permet d’éviter les contraventions. Ce n’est plus le cas depuis deux ans. Des arrêtés municipaux ont remis en cause ce principe. Qu’il s’agisse de Paris, Lille, Lyon, Pau… les mairies demandent maintenant aux médecins de payer pour pouvoir stationner.

À Lille, Martine Aubry avait imposé un forfait annuel de 750 euros, qui est finalement tombé à 300 euros en janvier dernier, nous informe le Dr Julie Mazet de la CSMF, après que les médecins nordistes aient élevé de la voix. À Troyes, le maire François Baroin a finalement accordé des stationnements gratuits mais seulement pendant certaines plages horaires, entre 9 heures et 10h30 et de 17h30 à 19h00, ce qui exclut les visites en urgence. Limoges propose un forfait mensuel de 40 euros, tandis que le maire de Pau, un certain François Bayrou, a décidé, après la grogne des médecins de sa ville, de diviser par deux le forfait de stationnement, qui passe ainsi de 100 à 50 euros.

Situation complexe à Paris

Reste Paris, où « la situation est complexe : préfecture et mairie se renvoient la balle des verbalisations depuis un an… ». Car si le problème est soulevé maintenant, la décision "politique" municipale a souvent été prise il y a plusieurs mois, voire deux ou trois années. En l’occurrence, à Paris, la décision date de 2015. Il s’agit d’une délibération de la voirie et des déplacements. La mairie de Paris se proposait d’intégrer les professionnels de santé (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes...) dans le dispositif "professionnel mobile à Paris". Contre une carte d’adhésion de 240 euros l’année, le professionnel qui en est équipé peut prétendre à des tarifs de 0,50 euros l’heure de stationnement. Mais plutôt que d’alléger la facture de stationnement desdits professionnels, cette décision les a alourdit, comme le faisait remarquer le groupe UDI-Modem ainsi que Les Républicains en février 2016 dans un vœu à la mairie : « Considérant ainsi que la carte « Sésame soins à domicile » (d’un coût de 90 euros) s’est vue remplacer par la carte de stationnement « professionnel mobile » (d’un coût de 240 euros), doublée d’une taxe de stationnement d’un maximum de 7 heures consécutives, à raison de « 50 centimes d’euros par heure, d’une durée non fractionnable ».

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