Fonction thyroïdienne et mort subite cardiaque : un sur-risque dès la limite haute de T4

Vincent Richeux, avec Patrice Wending

Auteurs et déclarations

29 septembre 2016

Même si la corrélation est forte, les résultats doivent toutefois être confirmés, estime-t-elle. Il convient également, selon elle, d'évaluer le niveau de répercussion d'un taux élevé d'hormones thyroïdiennes, avant de le considérer réellement comme un nouveau facteur de risque cardiovasculaire.

Contacté par Medscape édition internationale, le Dr Fabio Monzani (Université de Pise, Italie), interniste et gériatre, a souligné la nécessité d'identifier les facteurs de risque de mort subite cardiaque. Toutefois, il estime que cette étude ne permet pas de conclure sur l'intérêt des traitements freinateurs visant la fonction thyroïdienne chez les patients à risque cardiovasculaire.

Une étude qui ne devrait pas modifier les pratiques

La question des répercussions sur le plan cardiovasculaire d'une modulation du niveau d'hormone thyroïdienne est toutefois posée. Le Dr Monzani a d'ailleurs rappelé que de précédents travaux ont mis en évidence un risque accru de fibrillation auriculaire dans les valeurs normales les plus élevées de T4, notamment chez les plus jeunes [2]. A l'inverse, deux autres études ont suggéré un effet protecteur avec des valeurs plus faibles [3,4].

 
Ces résultats apportent juste une preuve supplémentaire qu'il n'est pas nécessaire de traiter les personnes âgées en hypothyroïdie infraclinique, surtout si elles sont, par ailleurs, en bonne santé et asymptomatique -- Dr John Walsh
 

« Les médecins pourraient être tentés de limiter le traitement d'une l'hypothyroïdie chez les patients à risque cardiovasculaire, en se servant des niveaux de T4 comme référence dans l'évaluation du risque de mort subite. Mais, les niveaux d'hormones thyroïdiennes étant régulés par l'axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien, d'autres facteurs peuvent aussi rentrer en compte ».

Le Dr John Walsh (University of Western Australia, Crawley, Australie) a pour sa part souligné, auprès de Medscape, que cette étude est peu susceptible de modifier les pratiques. « Il est déjà prouvé qu'une hypothyroïdie infraclinique n'augmente pas le risque cardiovasculaire chez les personnes âgées ».

Selon lui, « ces résultats apportent juste une preuve supplémentaire qu'il n'est pas nécessaire de traiter les personnes âgées en hypothyroïdie infraclinique, surtout si elles sont, par ailleurs, en bonne santé et asymptomatique ».

 

REFERENCES:

  1. Chaker L, Van Den Berg ME, Niemeijer MN, et al. Thyroid function and sudden cardiac death: A prospective population-based cohort study. Circulation, publication en ligne du 6 septembre 2016

  2. Chaker L, Heeringa J, Dehghan A, et al. Normal thyroid function and the risk of atrial fibrillation: the Rotterdam Study. J Clin Endocrinol Metab 2015;100:3718-24

  3. Rozing MP, Houwing-Duistermaat JJ, Slagboom PE, et al. Familial longevity is associated with decreased thyroid function. J Clin Endocrinol Metab 2010;95:4979-84

  4. Corsonello A, Montesanto A, Berardelli M, et al. A cross-section analysis of FT3 age-related changes in a group of old and oldest-old subjects, including centenarians’ relatives, shows that a down-regulated thyroid function has a familial component and is related to longevity. Age Ageing 2010;39:723-27.

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