11/09 : 13 % des survivants des tours gardent des symptômes

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

13 septembre 2016

New-York, Etats-Unis – Une dizaine d’années après, les survivants des attaques terroristes du World Trade Center (NYC) sont toujours à risque de stress post-traumatique et de binge drinking. Ce risque est d’autant plus élevé que les individus étaient présents dans les deux tours au moment des attentats par rapport à ceux qui étaient présents dans les immeubles environnants ou dans les rues annexes. Ces travaux sont parus dans l’American Journal of Industrial Medicine qui a consacré tout un numéro à la santé des survivants et des sauveteurs du 11 septembre 2001.

Tours jumelles du WTC, bâtiments proches et rues environnantes

Si beaucoup d’études se sont intéressées à la santé physique et mentale des personnes sur place le 11 septembre (voir encadré), aucune ne s’était jusqu’à présent demandé si le stress post-traumatique et une consommation d’alcool persistait chez les survivants des attaques à beaucoup plus long terme, expliquent les auteurs. D’où ce travail qui a poussé l’investigation plus loin en différenciant les survivants des tours jumelles directement visées, des immeubles et rues environnants.

Stress post-traumatique et binge drinking à court terme

Le 11 septembre 2011 constitue l’un des épisodes les plus importants d’évacuation en ce qui concerne des lieux de travail : on considère que 62 092 occupants des tours de bureaux dont 17 400 présents dans les seules tours jumelles du World Trade Center ont survécu à l’attaque et à l’évacuation qui a suivi. On estime, par ailleurs, que 87% des personnes ont survécu en évacuant les immeubles en temps et en heure.

Beaucoup d’études se sont penchées sur la santé physique et mentale des personnes qui étaient présentes ce matin-là sur le site new-yorkais. Ainsi, il a été établi que la prévalence d’un stress traumatique – le trouble psychologique le plus fréquent à la suite d’un événement traumatique – parmi les habitants de Manhattan se situait entre 7,5 et 11,2% dans les toutes premières années qui ont suivi les attaques. L’étude de Di Grande , à 2-3 ans après le 11/09, a montré que 96% des survivants avaient encore au moins 1 symptôme caractéristique d’un état de stress post-traumatique (ESPT) et 15% étaient « dépistés » positivement pour un ESPT. De la même façon, l’exposition aux événements du 11/09 a été associée à une consommation augmentée de diverses substances dont l’alcool, avec un risque plus élevé de binge drinking à 2 et 6 ans, en particulier en présence d’un ESPT.

L’étude de Lisa Gargano, épidémiologiste pour le registre santé du WTC, s’est appuyée sur une cohorte de 71 431 personnes directement exposées aux événements du 11/09 dans la ville de New York, laquelle a été conçue pour suivre l’impact physique et mental des attaques terroristes sur au moins 20 ans. Elle a inclus 25 102 personnes présentes dans les tours jumelles du WTC, dans d’autres bâtiments endommagés environnants ou dans Chambers Street le matin de l’attaque terroriste entre le moment de l’impact du premier avion et l’après-midi pour n’en garder que 7 695, une fois les mineurs et les personnes ayant participé au secours exclus. Sur cet échantillon, 25,3% étaient dans les tours jumelles, 32,2% dans les bâtiments environnants et 42,5% dans la rue dans la journée du 11/09. Les participants à l’étude ont été interrogés à 3 reprises : à l’inclusion en 2003-2004, puis en 2006-2007, puis en 2011-2012.

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